
Biobble n h-64
1870 visits
Réalisateur et acteur
Producteur, Scénariste, Monteur américain
Born on 9/12/1929
at New-York (United States)
Deceased on 3/2/1989
at Los Angeles, Californie (United States)
Author
Jacques Toulemonde Vidal
Date created 17/11/2006
Last updated on 9/1/2007
Interview blank
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HISTORICAL REFERENCE POINTS
Stock Market Crash |
9 December 1929 La Grande Dépression ne fait que commencer, Herbert Hoover est le Président des États-Unis et Roosevelt est le gouverneur de l’État de New York, quand, par un temps pluvieux et froid, naît John Cassavetes, deuxième fils d’un couple d’immigrants grecs qui tentent leur chance en Amérique. |
Empire State Building completed |
1931 Mais leur chance ne surgit pas. La famille Cassavetes est très pauvre et la situation économique les oblige à rentrer en Grèce. Six ans plus tard, à leur retour, John, un enfant silencieux, calme et réfléchi, ne parle pas un mot d’anglais. |
D-Day |
1944 John grandit dans une banlieue de New York, à Long Island. Adolescent, il flirte avec la délinquance et, alors que sa famille grimpe quelques marches de l’échelle sociale, emménageant dans un village un peu plus huppé, il s’irrite de son quartier oppressant et conformiste, typique de la classe moyenne des États-Unis. Il n’est pas très heureux. |
The microwave oven is invented |
June 1947 Cassavetes termine le lycée. N’ayant pas une idée très précise sur son futur, il suit les pas de son frère à l’université de Mohawk. Quand cet établissement ferme ses portes, il s’inscrit à l’université de Champlain. Mais il s’ennuie dans les salles de cours, il en a marre; il quitte la fac et se veut un beatnik, il doute entre faire du stop à travers le pays ou aller faire un tour en Floride. |
Ireland Becomes Independent |
8 February 1949 Sans autre motivation que draguer des filles, Cassavetes prend la première des décisions qui détermineront sa vie. Pour draguer des filles, il s’inscrit à the American Academy of Dramatic Arts (AADA, le Conservatoire d’Art Dramatique de New York). En effet, il drague des filles, mais, surtout, il découvre sa voie, une voie pour laquelle il doit se battre, devant trouver lui-même l’argent pour payer les cours, partageant un appartement avec dix personnes. Il joue dans plusieurs pièces de théâtre telles que The Youngest de Philip Barry ou le Marchand de Venise. |
Communist Chinese forces invade Tibet |
1950 Cassavetes est fou. Ou du moins c’est l’image qu’il essaie de montrer au sein du Conservatoire, criant, sautant, s’excitant, donnant des coups de tête contre les casiers, déclamant des textes pour impressionner les plus jeunes élèves dont une certaine Gena Rowlands. Un ange aux cheveux blonds. Elle est vraiment bien cette fille dont il tombe amoureux. |
Playboy magazine hits newsstands |
1953 Cassavetes a son diplôme depuis quelque temps et il a joué quelques petits rôles au théâtre, à la télévision et au cinéma quand il rencontre le photographe Sam Shaw, le producteur de la plupart de ses futurs films, alors qu’il fait le clown après une représentation. Shaw est impressionné par le jeune acteur qu’il prend sous son aile, l’introduisant dans le monde des artistes new-yorkais et lui faisant découvrir la poésie, la peinture et le jazz. |
Segregation Ruled Illegal |
1954 Cassavetes décroche un rôle dans un épisode de la série télé Omnibus. C’est un succès qui lui vaut quelques castings dans des films d’Hollywood qui ne débouchent sur rien, mais qui lui vaut surtout de devenir un acteur récurrent de la télévision new-yorkaise, incarnant souvent le personnage du jeune impulsif. Il peut enfin quitter son travail d’assistant mise en scène dans la troupe Court Theatre. |
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19 March 1954 Une des plus belles histoires d’amour du cinéma se confirme. John Cassavetes se marie avec Gena Rowlands. |
First Trans- Atlantic Telephone Cable |
1956 Malgré plusieurs apparitions dans des films et un contrat de longue durée avec MGM au salaire centuplé, Cassavetes n’est pas satisfait de sa vie et reste chez lui ou erre dans les bars. Pendant une tournée de la pièce de Tennessee Williams Twenty-Seven Wagons, il décide de faire quelque chose de nouveau et de donner un sens à sa vie. |
Sputnick Launched by Russians |
February 1957 Depuis quelques mois, Cassavetes anime un atelier de jeu d’acteur, suivant les techniques de la Méthode de Lee Strasberg. Il est convaincu que certaines improvisations de ses élèves contiennent les germes d’un film. Dans l’émission de Jean Shepherd Night People, il dresse le constat de l’échec du cinéma d’Hollywood et demande aux auditeurs intéressés de voir une alternative à ce cinéma purement commercial, de lui envoyer de l’argent. De cette façon, il reçoit environ 20 000 dollars. Il a l’argent, il a les comédiens et il a des amis pour constituer l’équipe technique. C’est le début d’un film. |
Alaska and Hawaii Admitted to the Union |
1959 Pendant deux ans, il travaille d’arrache-pied sur Shadows, un film construit sur la base d’improvisations, avec une petite caméra 16mm à l’épaule et une magnifique bande originale composée par Charles Mingus. Cassavetes aboutit à une première version qui ne le satisfait pas. Il est tombé amoureux de la caméra et perdu ce qui est important, la vie. Retakes. Nouveau montage. Une deuxième version qu’il aime mais qui ne convainc aucun producteur américain et qui remporte un prix au festival de Venise. L’Europe tombe amoureuse de Cassavetes. |
Y. Gagarin 1st man in space |
1961 Shadows est distribué aux États-Unis comme un film étranger. Les studios de Paramount sont alors impressionnés et l’engagent comme réalisateur pour le film Too Late Blues. Mais ce n’est pas l’univers de Cassavetes, enchaîné par les prérogatives de production, et le film est un désastre financier et critique. |
President Kennedy Assassinated |
1963 Néanmoins, United Artists lui donne une deuxième chance, l’invitant à réaliser Un enfant attend. Mais Cassavetes ne supporte pas son producteur Stanley Kramer, avec lequel il enchaîne les disputes et qui ne lui donne que deux semaines de montage, avant de remonter le film dans son dos d’une manière que Cassavetes qualifie de mielleuse et mièvre. Indigné, il quitte le film et se retire de toute responsabilité. Il se jure de ne plus jamais réaliser des films pour les grands studios. |
Great Blackout |
1965 Cassavetes est devenu un paria à Hollywood. Il se réfugie dans sa nouvelle maison à Los Angeles, “regarde les arbres et (apprend) la vertu de la patience”, raconte-t-il. Il souffre de son échec et se demande comment ces producteurs et ces gens en cravate peuvent être aussi sympathiques et agréables, puis lui faire subir l’humiliation qu’il a enduré. Et de la souffrance naît l’art. Il veut comprendre ces personnes, savoir comment elles se comportent en famille, comment se déroulent leurs relations amoureuses, comment est leur vie sexuelle. Faces. |
Martin Luther King Assassinated |
1968 Pendant trois ans, par intermittence, Cassavetes réalise Faces, ne s’arrêtant que pour jouer dans d’autres films tels que The Dirty Dozen ou Rosemary’s Baby, de manière à gagner l’argent pour produire son chef-d’oeuvre. C’est le retour aux sources. L’indépendance et la liberté. Sa maison devient le studio, avec une salle de montage improvisée dans son garage et chaque pièce abritant un décor; sa femme Gena, enceinte tout comme son assistante Lynn Carlin, jouent dans le film; ses amis sont les comédiens mais aussi les techniciens. Et le film est un succès, il est nominé à cinq Oscars et remporte cinq prix à Venise. |
Salvador Allende becomes President of Chile |
1970 Alors que Cassavetes cherche des fonds pour terminer Faces, il rencontre le producteur italien Bino Cicogna à qui il vend le projet de film Husbands, interprété par Ben Gazzara, Peter Falk et lui-même. Ce que Bino Cicogna ne sait pas, c’est qu’il n’existe pas encore de scénario et que ni Gazzara ni Falk n’ont encore donné leur accord. Ils ne connaissent même pas l’histoire. Mais la prise de risque de Cassavetes marche puisque, non seulement ces comédiens acceptent, mais aussi ils l’aident à développer le scénario qui raconte l’échappée à Londres d’un trio d’amis et qui devient un très beau film, distribué en salles en 1970. |
Bangladesh is created |
1971 Dans Minnie and Moscowitz, Cassavetes met en scène sa femme et son ami de longue date, qui avait travaillé dans Shadows comme régisseur et joué dans Faces, Seymour Cassel. Cette comédie romantique qui remet en cause les conventions du genre à Hollywood, raconte la liaison amoureuse entre un administrateur de musée et une vieille hippie qui gare des voitures pour survivre, en opposition avec la relation qu’elle entretient avec son mari abusif, joué par Cassavetes. |
President Nixon Resigns |
1974 Alors que ses deux films précédents avaient reçu le soutient réduit de studios, Une femme sous influence est produit de manière indépendante. C’est un nouveau chef-d’oeuvre. Gena Rowlands livre ce qui est sans doute une des plus grandes prestations de l’histoire du cinéma. Elle joue Mabel, une femme au foyer magnifiquement folle dans un monde qui ne la comprend pas. Ce film n’est pas un récit, ce n’est pas une description; c’est une gifle qui nous plonge dans la réalité de la situation qu’il met en place. Deux nominations à l’Oscar: Meilleure Comédienne et Meilleur Réalisateur. |
1.5 million year old Homo erectus skull discoved |
1976 Ben Gazzara raconte que lors du tournage de Meurtre d’un Bookmaker Chinois, il avait des problèmes pour comprendre le personnage qu’il interprétait, Cosmo Vitelli, propriétaire d’un club de striptease avec des problèmes de jeu. Les larmes aux yeux, Cassavetes lui explique que c’est un idéaliste qui se bat contre tous ces gens aigris qui s’efforcent de tuer les rêves des autres. Gazzara comprit tout de suite qu’il jouait le personnage de Cassavetes. |
US gives up Panama Canal |
1977 Depuis plusieurs années, Cassavetes retravaille le scénario d'Opening Night où Gena Rowlands joue une star de théâtre à l’aube de la vieillesse, tourmentée par l’âge et par le fantôme d’une admiratrice qu’elle a vu mourir, se débattant entre les hallucinations et l’alcoolisme. Le tournage doit s’arrêter en plein milieu, manque de fonds, mais il reprend un mois après, quand Cassavetes arrive à débloquer de l’argent. Personne ne manque à l’appel, toute l’équipe est complètement investie dans cette aventure. Mais la distribution du film est plus que discrète, avec une seule copie aux États-Unis. |
8-year Iran-Iraq War begins |
1980 Les studios de Columbia produisent Gloria, où une femme s’enfuit avec un enfant poursuivi par la Mafia, qui l’a laissé orphelin. Ce scénario écrit par Cassavetes n’avait pour but que de vendre et il n’a pas l’intention de le réaliser, mais il accepte de diriger pour faire plaisir à Gena Rowlands qui joue le rôle principal. Bien sûr, Columbia n’aime pas le résultat. Cassavetes est convaincu que le film ne sortira jamais en salles. |
First woman on US Supreme Court |
1981 Cassavetes se tourne vers le théâtre. Sa pièce East/West Games, mise en scène par Susan Streitfeld, avec son fils Nicholas Cassavetes dans le rôle principal, ne reçoit que des mauvaises critiques et ne reste pas longtemps à l’affiche. Pendant ce temps, il prépare une trilogie Three Plays of Love and Hate et répète simultanément ces trois pièces de théâtre: Knives, The Third Day Comes et Love Streams. Il fait une tournée avec la Tempête, mise en scène par Paul Mazursky. |
Indira Ghandi Murdered |
1984 Soutenu par un petit studio, Cassavetes réalise Love Streams où il joue un homme désenchanté, frisant la vieillesse, qui essaie de soutenir sa soeur récemment divorcée et qui refuse d’oublier ses rêves romantiques. Ce film est un questionnement sur la possibilité de l’amour dans un monde où l’amour et si compliqué. Mais c’est aussi un signe, c’est une sorte d’adieu où Cassavetes malade multiplie les références à ses films précédents et essaie d’aller encore plus loin, comme s’il voulait apporter une réponse aux problèmes qu’il n’a pas pu résoudre. |
Berlin Wall Comes Down |
3 February 1989 C’est un triste hiver que celui de 1989, qui voit un Cassavetes de 59 ans, réduit par trois ans de cirrhose, s’éteindre alors qu’il n’est pas encore reconnu aux Etats-Unis comme un des plus grands réalisateurs de l’histoire du cinéma. Quelques rétrospectives sont organisées de son vivant, mais il est trop malade pour y assister. Les quelques journaux qui s’intéressent à lui, ne parlent que de sa carrière d’acteur, notamment pour ses rôles dans Dirty Dozen et dans Rosemary’s Baby. |
Northern Ireland Peace process |
1998 Un épisode que Cassavetes aurait voulu effacer de sa biographie est la réalisation de Big Trouble, un film dont il n’est pas l’auteur, dans lequel il n’a pas pu imprimer son génie et qu’il a repris au milieu du tournage après le départ du réalisateur Andrew Bergman, auteur du scénario. Ce film porte bien son nom de grand problème, dit-il, honteux de l’avoir signé. |
