
Biobble n 2006-205
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Auteur / Acteur
13100 -
aix en Provence -
France
Born on 21/3/1955
at marseille (France)
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Author
Guy Ange Quang
Date created 21/7/2006
Last updated on 27/8/2008
suite 1
Ce matin, il est anxieux, nerveux, voire excité. Il presse sa fille, oubliant de lui raconter son histoire. Comme elle le lui reproche, il lui promet de lui en raconter une très belle le lendemain. Devant la porte de l’école, il embrasse sa fille rapidement mais malgré tout, prend le temps de regarder une jeune femme, enfin, plus très jeune, la quarantaine dont il connaît le prénom : Elizabeth. Elle a un petit garçon du même âge que sa fille et comme elle est jolie, sans être une super star, il a pour elle comme une attirance naturelle.
Quand il arrive au laboratoire, Richard est encore plus anxieux. Il se met au travail et toute la journée, il engrange données sur données, ne prenant pas le temps de déjeuner à midi. Le soir arrive et tout à coup son visage s’illumine. Sur l’écran de l’ordinateur vient de s’afficher la phrase qu’il attend depuis longtemps : « Nombre de données conforme pour le lancement de la vérification de la théorie. Voulez-vous lancer le programme? » Richard tremble, nerveux. Il hésite à appuyer sur la touche qui libèrera le programme.
C’est à ce moment que le gardien de nuit, la trogne hilare, fait son entrée, venant tout simplement partager son dîner avec lui. Mais Richard n’a pas le cœur à dîner. Songeur, il explique au gardien qu’il a passé des années à entrer des dates de naissances et de décès précises (avec l’heure de naissance et le fuseau horaire) dans l’ordinateur et que c’est maintenant l’heure de vérité, l’ultime étape.
— Tu vois, il suffit d’appuyer sur cette touche et le bidule démarre, dit Richard en montrant le clavier du doigt.
— Et c’est tout? Répond le gardien en se fendant la pipe.
— C’est tout!
Alors le gardien, pas impressionné pour deux sous, appuie sur la touche.
Aussitôt, l’ordinateur se lance dans des calculs démentiels sous l’œil attentif de Richard qui suit avec une certaine anxiété l’évolution du curseur indiquant l’avancement des calculs. Le gardien, débonnaire, a sortie un torchon qu’il étale sur le bureau, les assiettes, les couverts et les verres et débouche tranquillement une bouteille de vin.
Le curseur arrive en bout de course, hésite un bref instant, puis sur l’écran s’affiche la phrase : « Théorie valable... à cent pour cent ». Richard pousse un cri de joie, bondit sur le gardien qu’il entoure de ses bras, l’embrasse.
— Euréka! J’ai gagné!
— Patron, un petit coup de Beaujolais pour fêter ça?
Le soir, chez lui, Richard embrasse sa fille déjà endormie, dit bonsoir à la jeune étudiante qui le regarde d’un drôle d’air.
— Ça va, Monsieur?—
Ça va! C’est le plus beau jour de ma vie!
— Vous avez gagné à la loterie?
— Mieux que ça! J’ai la confirmation que ma théorie est juste!
— Votre théorie? Quelle Théorie?
— Je vous expliquerai un jour. Il se fait tard, allez vous coucher.
Quand la jeune étudiante est partie, Richard monte dans la chambre de sa fille, l’embrasse encore, puis s’allonge à côté d’elle tout habillé. Il sait que cette nuit, il ne dormira pas.
Au Tibet, la situation est alarmante. Les chinois ont envahi le pays et veulent s’en rendre maître. Evidemment, outre la population qui subit les sévices dont sont capables des envahisseur sans scrupules, les moines, représentant une forme de philosophie honnie par les occupants, sont frappés, battus comme des esclaves, et même tués pour un regard jugé outrecuidant par leurs tortionnaires. Les moines subissent leur martyr avec une certaine indifférence. Par contre, Antoine, peu enclin à se laisser marcher sur les pieds, se rebelle et envoie mordre la poussière à quelques soldats hargneux. Conséquence, il est assailli par une meute de chiens enragés qui le rouent de coup et le laissent pour mort sur le terrain.
Le matin, au petit déjeuner, Richard est pressé par sa fille afin qu’il lui raconte une histoire, une plus belle histoire que les autres jours car la veille, elle n’y a pas eu droit. Richard sourit. Il sait quelle histoire il va raconté à sa fille. C’est une longue histoire, tellement longue qu’il ne la termine qu’en arrivant devant la porte de l’école. Alors sa fille le regarde avec tendresse et lui dit :
— Tu vois, Papa, de toutes les histoires que tu m’as racontées, celle-ci est vraiment si bizarre qu’on croirait qu’elle est vraie!
Maintenant, Richard n’a plus aucun doute. Sa fille croit en lui et à sa théorie. Elle vient de le lui confirmer. Il ne lui reste plus qu’une chose à exécuter : faire connaître sa découverte au monde entier. Après avoir embrassé sa fille, il est sur le point de démarrer quand il voit Elizabeth qui court en tirant son fils par le bras. Elle est en retard et laisse son fils devant la porte de l’école juste au moment où le gardien referme la lourde grille métallique. Quand elle repart, il la suit des yeux. Elle semble triste, perdue dans ses pensées. Il a un élan de tendresse pour elle.
Richard arrive à son bureau, un peu nerveux, peut-être, mais les yeux pétillant de malice, heureux de se retrouver dans son antre. Il décide de faire un tour dans les autres laboratoires afin d’annoncer à ses collègues qu’il a réussi. Il a fait une découverte extraordinaire sur la bioélectricité.
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