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Militant pour les droits des noirs américains
Pasteur baptiste
Né le 15/1/1929
à Atlanta, Géorgie (États-Unis)
Décédé 4/4/1968
à Memphis, Tennessee (États-Unis)
Crée le 6/6/2006
Modifiée le 7/6/2006
Traduction du discours prononcé par Martin Luther King le 28 Août 1963
Il y a ceux qui demandent aux passionnés des droits civiques, « quand serez-vous satisfaits ? » Nous ne serons jamais satisfaits tant que l’homme noir est victime des horreurs indescriptibles de la brutalité de police. Nous ne serons jamais satisfaits tant que nos corps, lourds de la fatigue du voyage, ne peuvent pas accéder au logement dans les motels des routes et les hôtels des villes. Nous ne serons jamais satisfaits tant que la mobilité de base de l’homme noir se fait d'un petit ghetto à un plus grand. Nous ne serons jamais satisfaits tant que nos enfants sont dépouillés de leur amour-propre et volés de leur dignité par un énoncé disant : « Pour des blancs seulement ». Nous ne serons jamais satisfaits tant que l’homme noir du Mississippi ne peut pas voter et que l’homme noir de New York croit qu’aucun vote ne lui sera favorable. Non, non, nous ne sommes pas satisfaits, et nous ne serons pas satisfaits jusqu'à ce que la « justice dévale comme un torrent et le droit comme un fleuve puissant ».
Je ne suis pas sans savoir que certains d’entre vous sont arrivés ici après avoir traversé de grandes épreuves et tribulations. Certains parmi vous sortent tout juste des étroites cellules de prison. Certains parmi vous sont venus de régions où, dans votre quête pour la liberté, vous avez été meurtris par les orages de la persécution et renversés par les vents de la brutalité de la police. Vous avez été les vétérans de la souffrance créatrice. Continuez à travailler avec la foi que la douleur imméritée est rédemptrice. Retournez au Mississippi, retournez en Alabama, retournez en Caroline du Sud, retournez en Géorgie, retournez en Louisiane, retournez dans les taudis et les ghettos de nos villes nordiques, sachant que cette situation peut et sera changée de façon ou d'une autre.
Je vous le dis aujourd’hui mes amis, ne nous complaisons pas dans la vallée du désespoir.
Malgré le fait que nous devons faire face aux difficultés d'aujourd'hui et demain, je rêve. C'est un rêve profondément enraciné dans le rêve américain.
Je rêve qu’un jour ce pays se dressera et vivra alors la véritable signification de sa foi : « Nous tenons ces vérités comme évidentes en soi, que tous les hommes naissent égaux. »
Je rêve qu’un jour sur les collines rouges de la Géorgie, les fils d'anciens esclaves et les fils d'anciens propriétaires d’esclaves pourront s'asseoir ensemble à la table de la fraternité.
Je rêve, qu’un jour même l'état du Mississippi, un état s’étouffant dans la chaleur de l’injustice et dans la chaleur de l‘oppression, sera transformé en une oasis de liberté et de justice.
Je rêve que mes quatre petits-enfants pourront un jour vivre dans une nation où ils ne seront pas jugés par la couleur de leur peau mais par la teneur de leur caractère.
Je rêve aujourd'hui !
Je rêve qu’un jour, au fin fond de l’Alabama, avec ses infâmes racistes, avec son gouverneur des lèvres de qui dégoulinent les mots « interposition » et « nullification », un jour même là-bas en Alabama des petits garçons noirs et des petites filles noires pourront joindre leurs mains à celles de petits garçons blancs et de petites filles blanches tels frères et sœurs.
J'ai un rêve aujourd'hui !
Je rêve qu’un jour chaque vallée sera rehaussée, et chaque colline et montagne sera aplanie, les terrains accidentés seront épurés, et les endroits biscornus seront redressés : « et la gloire du Seigneur sera révélée et tout ce qui est de chair la verra ensemble. »
Ceci est notre espoir, et c’est avec cette foi que je retourne dans le Sud.
Avec cette foi, nous serons capables de tailler hors de la montagne du désespoir une pierre d'espoir. Avec cette foi, nous serons capables de transformer la cacophonie des discordes de notre pays en une belle symphonie de fraternité. Avec cette foi, nous serons capables de travailler ensemble, de prier ensemble, de lutter ensemble, d’aller en prison ensemble, de se lever pour la liberté ensemble, sachant que nous serons libres d'un jour.
Et ce jour arrivera, ce jour arrivera quand tous les enfants de Dieu pourront chanter avec une nouvelle signification :
« Mon pays c’est toi, douce terre de liberté, c’est toi que je chante.
Terre où mes aïeux sont morts, terre fierté du Pèlerin.
Que de chaque versant des montagnes, retentisse la liberté ! »
Et si l'Amérique doit être une grande nation, ceci doit devenir vrai.
Et ainsi laisser la liberté retentir des hautes collines du New Hampshire.
Laisser la liberté retentir des puissantes montagnes de l’état de New York.
Laisser la liberté retentir des majestueuses Alleghenies de la Pennsylvanie.
Laisser la liberté retentir des Rocheuses enneigées du Colorado.
Laisser la liberté retentir des pentes incurvées de la Californie.
Mais de plus :
Laisser la liberté retentir de Stone Mountain en Géorgie.
Laisser la liberté retentir de Lookout Montain dans le Tennessee.
Laisser la liberté retentir de chaque colline et taupinière du Mississippi.
Que de chaque versant des montagnes, retentisse la liberté.
Et quand cela arrivera, quand nous permettrons à la liberté de retentir, quand nous la laisserons retentir de chaque village et chaque hameau, de chaque état et chaque ville, nous serons alors capables de hâter l’arrivée de ce jour quand tous les enfants de Dieu, hommes noirs et hommes blancs, Juifs, Protestants et Catholiques, nous serons alors capables de joindre nos mains et de chanter l’ancien chant religieux des Noirs :
« Enfin libres ! Enfin libres ! Merci Dieu tout puissant, nous sommes enfin libres ! »
I Have a Dream (première partie) |