Biobble n°h-111
4664 visits
Interactivity

i like

opinion ?

Sign guestbook

Ask a question

Send message

Add to favorites

Add to my family

Invite to club

Send by mail

Print

Report to administator
Compositeur
Born on 23/2/1685
at Halle (Germany)
Deceased on 14/4/1759
at Londres (United Kingdom)
Author
Catherine Hermann
Date created 10/9/2007
Last updated on 4/10/2007
| 23 February 1685 |
|---|
C'est dans le milieu plutôt austère de la bourgeoisie de Halle, en Allemagne, que naît l'un des plus prolifiques musiciens et compositeurs du XVIIIe siècle: Georg Friedrich Haendel. A première vue, rien ne le destine à la musique: son père, barbier-chirurgien, rêve que son fils aîné entreprenne des études de droit pour embrasser une lucrative carrière de juriste. Heureusement, la mère et la grand-mère du petit garçon, comprennent très vite ses prédispositions extraordinaires. Elles le soutiennent en lui offrant son premier instrument de musique: une épinette. C'est en cachette des oreilles paternelles, dans le grenier de la maison familiale, que Georg Friedrich s'exerce à son art pendant des heures.
| 1690 |
|---|
Papa Haendel se rend à l'évidence: son fils est bien plus qu'un simple musicien, il est passionné de musique jusqu'à vouloir en faire son métier. Il finit donc par accepter de financer des leçons afin qu'il se perfectionne non sans avoir pris connaissance des perspectives financières immenses que cette carrière peut ouvrir. La cour ducale de Saxe-Weissenfels laisse en effet entrevoir les possibilités de rémunérer plus que convenablement les musiciens surdoués. L'un des plus grands pédagogues de l'époque, Wilhelm Zachow, accepte de prendre Georg Friedrich comme élève. Il s'exclame à son sujet: "je n'ai rien à lui apprendre, il sait déjà tout!"
| 1697 |
|---|
Les leçons de musique portent très vite leurs fruits. Georg Friedrich devient un musicien accompli et exerce ses dons fabuleux sur des instruments aussi variés que le clavecin, l'orgue, le violon ou le hautbois. Tous les domaines musicaux l'intéressent. Le jeune prodige de 12 ans à peine, commence à se forger une réputation et fait sensation à la cour du roi de Prusse.Toutes les portes s'ouvrent d'un coup. C'est que Georg Friedrich ne s'en tient pas à la seule interprétation d'oeuvres existantes, il s'essaie déjà à la composition. Sa voie semble donc toute tracée. Les aristocrates, charmés par sa jeunesse et sa fraîcheur autant que par son talent, se pressent pour le financer. Malheureusement, ces perspectives de réussite exceptionnelle tournent court brutalement: son père mourant, Georg Friedrich retourne à Halle et poursuit ses études de droit, par fidélité à la volonté paternelle.
| 1698 |
|---|
On pourrait croire que le jeune Haendel a remisé définitivement ses rêves artistiques. En réalité, il n'en est rien. Les études de droit seront de courte durée. Au bout d'un an, l'appel de la musique est plus fort que tout. Georg Friedrich devient organiste de l'église de Moritzburg.
| 1702 |
|---|
Haendel travaille désormais pour le très actif opéra de Hambourg. C'est le véritable tremplin de sa carrière.
| 1707 |
|---|
Fatigué par la mauvaise ambiance qui règne à l'opéra de Hambourg où il exacerbe les jalousies de ses confrères, Haendel décide de se rendre là où tout se passe en ce début de XVIIIe siècle: l'Italie. Rome, Florence, Naples mais aussi Venise, résonnent des notes de compositeurs célèbres dans l'Europe entière. En quête de modernité et d'une certaine liberté de création que son pays natal ne connaît pas encore, il y fera plusieurs rencontres décisives dont celles de Scarlatti et Corelli. Les opéras les plus en vogue ne s'écrivent que dans la langue de Dante et Haendel saura mettre à profit ces trois années d'étude.
| 1708 |
|---|
A 23 ans, Haendel connaît le triomphe avec son oratorio intitulé "La Resurrezione". Divinement interprété par celle qui deviendra une de ses plus fidèles chanteuses, Margherita Durastanti, il met le public à ses pieds. Toute l'Europe n'a plus que son nom à la bouche. Partout on ne parle que d'"il caro Sassone", le "cher Saxon", un clin d'oeil à ses origines allemandes.
| 1710 |
|---|
Premier voyage à Londres où Haendel produit l'année suivante l'opéra "Rinaldo". L'oeuvre, que l'on dit composée en quinze jours seulement, connaît immédiatement un vif succès. Quelques airs aussi célèbres que "Lascia ch'io pianga" ou "Cara sposa" feront le tour du monde. La musique anglaise, quelque peu moribonde depuis la mort de Purcell, s'offre une nouvelle jeunesse. La mode de l'opéra en Italien fait fureur. Rinaldo, porté par le génie de son compositeur, bénéficie aussi à sa création au théâtre Haymarket, de techniques scéniques remarquables pour l'époque. Les décors somptueux bougent grâce à une machinerie complexe, mettant particulièrement en valeur le potentiel du lieu, entièrement rénové. Pourtant, cette arrivée éclatante de l'opéra italien à Londres, ne fait pas que des heureux. Les partisans de l'opéra anglais, voient en effet cela d'un très mauvais oeil et commencent à créer des ennuis qui ne cesseront de se multiplier.
| 1712 |
|---|
Haendel quitte brusquement sa prestigieuse fonction de maître de la chapelle de l'électeur de Hanovre pour s'établir à Londres où il prendra la nationalité britannique.
| 1714 |
|---|
Depuis la mort de Purcell, l'Angleterre est à la recherche d'un compositeur digne de sa splendeur. Haendel s'engouffre dans la brèche. Attaché désormais à la reine Anne, il compose à son intention le "Te Deum" qui marque la fin de la guerre de Succession d'Espagne.
L'évolution politique va le mettre un temps dans une position assez délicate. L'arrivée sur le trône d'Angleterre du roi Georg Ier, ancien électeur de Hanovre pour qui Haendel travailla et qu'il quitta précipitamment, n'arrange pas ses affaires. Malgré les quelques froideurs avec lesquelles le compositeur est reçu à la cour, le nouveau monarque comprend cependant le prestige qu'il peut tirer de son génie musical.
| 1717 |
|---|
La fameuse "Water music" permet à Haendel de retrouver définitivement les faveurs royales. Ce 17 juillet 1717, Georg Ier s'adonne à l'un de ses passe-temps préférés: une promenade le long de la Tamise. Il apprécie particulièrement la beauté des nombreuses embarcations illuminées qui s'offrent à son regard ainsi que la musique, composée spécialement pour l'occasion. Le soutien royal ne connaît alors plus aucune restriction. L'aristocratie anglaise, qui s'ennuie beaucoup, trouve en Haendel un talent capable de les divertir. Sa compagnie est fort prisée dans les salons londoniens où il rencontre tout ce que le royaume compte alors en hommes de lettres et en artistes.
| 1719 |
|---|
Au sommet de son influence, Haendel est sollicité pour devenir directeur de la Royal Academy of Music, basée au théâtre de Haymarket. Manquent cependant les artistes dignes d'interpréter les oeuvres que le maître composera spécialement. Commence alors une grande tournée de recrutement dans les plus prestigieux théâtres d'Europe. On sollicite les meilleurs. A Dresde, Haendel retrouve la chanteuse Margherita Durastanti et la convie à Londres. Dépourvu de castrat dans un premier temps, c'est elle qui interprétera les premiers rôles masculins. La mode des opéras italiens est à son zénith: "Giulio Cesare", "Radamisto" et "Scipione" seront accueillis avec enthousiasme.
| 1728 |
|---|
Comme toute mode, celle de l'opéra chanté en Italien retombe comme un soufflé, victime d'un public capricieux, à l'humeur changeante. Leurs artifices pompeux n'attirent plus les foules. Comme si cela ne suffisait pas, Haendel est aussi la proie de ses ennemis qui le caricaturent dans leurs opéras comiques, les fameux Beggar's Opera. L'Académie royale ne tient pas le choc: elle ferme ses portes après neuf saisons.
| 1729 |
|---|
Haendel, d'un naturel certainement têtu ou tout du moins passionné, ne veut pas s'en tenir à un échec. Il fonde une nouvelle compagnie et obtient dans la foulée l'usage du King's theatre. Le succès lui sourit de nouveau temporairement avec "Orlando". Cela ne suffit pas: il faut se rendre à l'évidence, l'opéra italien n'est plus d'actualité. La nouvelle compagnie périclite inexorablement. La création par le prince de Galles du théâtre de la Noblesse, avec lequel elle entre en compétition, n'arrange évidemment pas la situation.
| 1730 |
|---|
Haendel compose des oeuvres pour orgue. Ses concertos, le plus souvent légers et d'une infinie gaieté, sont composés pour le théâtre. Interprétés sur de petits instruments, ils permettent de faire patienter le public pendant les entractes. Très vite, on se presse pour entendre le maître aux claviers. Mrs Pendraves, une de ses amies, écrira d'ailleurs à ce sujet que c'est pour elle "la chose la plus belle que de ma vie j'ai entendue".
| 1732 |
|---|
Le jeune et talentueux compositeur Porpora est appelé à collaborer au théâtre de la Noblesse et devient le principal rival de Haendel. Les chanteurs jusque là dévoués au compositeur allemand tels que Senesino, Montagnana ou la Cuzzoni, le quittent pour intégrer la troupe concurrente: encore un coup dur. Farinelli, castrat venu expressément d'Italie sur la demande de Porpora, fait salle comble chaque soir. Comment résister dans de telles conditions?
| 1737 |
|---|
C'est une année noire pour Haendel. Non seulement, il a tout perdu ou presque mais sa santé chancelle. Dans une situation financière plus que délicate et son contrat touchant à sa fin, il est obligé de quitter le King's theatre où s'installe la troupe de Porpora. Malgré l'adversité, son inspiration est toujours aussi prolifique. Travailleur infatigable, il compose dans le même temps "Ariodante" qui ne tient malheureusement que onze soirs à l'affiche. Agé de 52 ans (un âge avancé pour l'époque!), le public le croit définitivement mis au placard.
| 1738 - 1740 |
|---|
Bien que les ennuis s'accumulent, Haendel croit toujours fermement en l'opéra italien et espère qu'il pourra revenir un jour. C'est peine perdue. Il refuse cependant de céder à la mode de l'opéra en anglais et se dirige vers les oratorios. Il écrit ses quatre chefs-d'oeuvre: Saul, Israel in Egypt, Ode to saint Cecilia et l'Allegro, il Pensieroso de il Moderato.
| 1741 |
|---|
Le vice-roi d'Irlande invite Haendel à Dublin afin d'y produire un concert pour des oeuvres de charité. Seconde ville du royaume, la capitale irlandaise n'a rien à envier à Londres et connaît un brillant apogée culturel. Le compositeur n'arrive pas les mains vides mais avec le projet d'un nouvel oratorio intitulé "Le Messie".
| 13 April 1742 |
|---|
Le Messie est donné en première à Dublin, devant un public surexcité. Il ne s'agit pas de provinciaux grossiers tels qu'on a voulu parfois les décrire mais au contraire d'amoureux de la musique, esthètes et cultivés. Dans une salle comble, Haendel renoue avec le triomphe. Le Messie lui apporte une réputation sans égale et en fait le maître incontesté de la musique britannique. Fort de ce succès, Haendel est confiant lorsqu'il rentre à Londres. Il ne sait pas encore qu'une véritable douche froide l'attend: l'accueil du Messie est glacial. Les dévôts se sont chargés de ternir sa réputation, prétextant qu'un lieu aussi saint qu'une église ne peut en aucun cas accueillir des chanteurs et des acteurs.
| 13 February 1751 |
|---|
Haendel continue de jouer de l'orgue pour la plus grande joie de ses fidèles et malgré ses problèmes de santé. Son oeil gauche le gênant, il est opéré par le même chirurgien que Jean-Sébastien Bach. Le résultat est désastreux: Georg Friedrich, comme son homologue allemand, perd son oeil et devient partiellement aveugle.
| 6 April 1759 |
|---|
En ce mois d'avril, alors qu'Haendel joue de l'orgue au cours d'une représentation du Messie, il s'évanouit brusquement. Reconduit chez lui en urgence, il a le pressentiment que sa mort est proche.
| 14 April 1759 |
|---|
Décès de Haendel. Conformément à ses souhaits, il est enterré dans l'abbaye de Westminter. On dira de la cérémonie funèbre que "ce fut presque le plus grand rassemblement de gens de tous les niveaux de la société pour un seul événement". L'oeuvre du compositeur, et surtout ses opéras, a en effet touché toutes les catégories sociales en apportant du bonheur aux plus modestes comme aux plus riches. C'est sans doute cela la magie de la musique.
Arrivé au terme de cette vie exceptionnelle, on peut aussi se demander quel a été l'homme derrière le compositeur et le musicien de génie. Très discret sur sa vie personnelle, on en sait peu de choses. Réellement passionné par son art, travailleur acharné, il semblerait que Haendel ait sacrifié sa vie sentimentale au profit de son oeuvre.
Lorsqu'on parle de castrat, un seul nom vient immanquablement à l'esprit, celui de Farinelli. Il surprit en effet ses contemporains par sa dextérité vocale et fit la fortune, dit-on, de Porpora, au dé... |
|
4 opinion ? | |