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Carte de visite

Samuel Hahnemann

Biobble n h-90
1153
visites

Docteur
Inventeur de l'homéopathie


Né 10/4/1755
à Meissen (Saxe) (Allemagne)
Décédé 1843
à Paris (France)

Rédacteur
Ronald Mary

Crée le 30/1/2007
Dernière modification le 30/1/2007

Interview

Interview vide

Famille

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Biographie

 REPERES HISTORIQUES

 

1755

Samuel, Frédéric, Christian HAHNEMANN né le 10 avril à Meissen, en Saxe. Il est le troisième enfant de Christian Gottfried Hahnemann et de sa deuxième épouse, Johanna Christiane Spier. Son père est peintre de porcelaine dans la célèbre manufacture de porcelaine de Meissen. Il fréquente l'école municipale et reçoit ensuite une bourse à l'école princière de St. Afra à Meissen

 

1775

Il commence des études de médecine à Leipzig, gagnant sa vie grâce à des cours de langues et des traductions en allemand d'ouvrages de physiologie et de médecine.

 

1776

Après un an d’études à Leipzig, Samuel part pour Vienne où il peut satisfaire son désir d’expérience pratique : le baron Joseph von Quarin, professeur de médecine et directeur médical de l'hôpital des Frères de la Charité l’accueille et lui apprend, au chevet des malades, tout ce que connaît la pratique médicale d’alors.

 

1777

En octobre, le baron Samuel von Brukenthal, que l'impératrice Marie-Thérèse vient de nommer gouverneur de Transylvanie, lui propose un poste de bibliothécaire et médecin personnel. Hahnemann l'accompagne à Hermannstadt (aujourd'hui Sibiu en Roumanie) ; il y reste pendant presque deux ans. Il semblerait qu’il y rencontre de nombreux cas de paludisme. Durant son séjour à Hermannstadt, il adhère à une loge maçonnique.

 

1779

Hahnemann termine ses études de médecine à Erlangen, ville d'Allemagne, dans la région de la Moyenne-Franconie (Mittelfranken) ; le 10 août, il obtient son diplôme de Docteur en médecine en soutenant sa thèse : « Etiologie et thérapeutique des maladies spasmodiques ». Il soigne maintenant des malades et gagne enfin un peu d’argent.

 

1781

Hahnemann rencontre Henriette Küchler qu’il épouse le 17 novembre 1782. Ils auront ensemble 11 enfants. Henriette est la fille adoptive de l’apothicaire le plus important de la ville, Monsieur Hasseler ; Hahnemann peut ainsi apprendre les techniques du laboratoire de pharmacie. Mais décidément « malheureux » avec son métier de médecin, il continue surtout, par la force des choses, son métier d’écrivain et de rédacteur.

 

1783

Hahnemann continue son « errance » géographique, et exerce avec plus ou moins de succès dans un grand nombre de villes d'Allemagne comme médecin, chimiste, traducteur et écrivain. Par moments il délaisse complètement la pratique médicale, « parce qu'elle me coûtait plus qu'elle me rapportait et le plus souvent n'était payée que d'ingratitude » écrira-t-il dans une lettre du 29 août 1791. Il se consacre alors surtout aux expériences uniquement chimiques, aux traductions et aux publications. Pourtant, à d’autres périodes, c'est à peine s'il a le temps d’accueillir tous ses patients ! Il n’est alors pas facile pour un travailleur intellectuel indépendant et sans fortune de se nourrir et d'entretenir une famille nombreuse…

 

1790

Hahnemann traduit la Matière médicale d’un Anglo-saxon, le Dr William Cullen, avec lequel il est en désaccord concernant l’action de l’écorce de quinquina (qui donnera le médicament homéopathique « China »), un médicament alors utilisé contre le paludisme, maladie encore et toujours endémique en Europe à cette époque. Hahnemann a alors l’idée de mettre en pratique une pensée qui était dans l’air du temps : expérimenter sur lui-même ce médicament. Au bout de quelques heures, il ressent les symptômes d’une fièvre tout à fait comparable à celle du paludisme. Il note alors : « La substance capable de guérir la fièvre quarte peut aussi la provoquer ». Il recommence son expérimentation, sur lui-même et sur quelques proches. Durant les années qui suivront, il poursuit ardemment ses recherches sur l’Homéopathie et teste « en vrai » tous ses médicaments, n’hésitant pas à mettre à contribution femme, enfants, amis, voisins et relations…

 

1796

Il publie les premiers résultats de ses travaux dans un article : « Essai sur un nouveau principe pour découvrir les vertus curatives des substances médicinales ». Peu à peu, il pose les principes d’une nouvelle méthode thérapeutique, qu’il appelle Homéopathie (du grec « hómoios, similaire » et « páthos, souffrance »), et basée sur la loi de similitude : « Pour guérir radicalement certaines affections chroniques, on doit chercher des remèdes qui provoquent ordinairement dans l’organisme humain une maladie analogue, et la plus analogue qu’il est possible ». On peut aussi dire : l’Homéopathie consiste à traiter les malades à l'aide d'agents hautement dilués qui, non dilués, provoquent une maladie d'apparence analogue à celle que l'on veut combattre. Exemple : si la caféine du café provoque des insomnies, la caféine prise à dose infinitésimale soigne les insomnies ; de cette réflexion est né le médicament homéopathique « Cofféa »..

 

1800

Hahnemann s’appuie sur ses découvertes, et pratique maintenant « officiellement » l’Homéopathie. Il garde toutes ses observations dans ses livres de cas, les journaux de malades.

 

1 1808

Dans une lettre à un confrère, le Dr Hufeland, Hahnemann explique pourquoi il mit si longtemps à devenir vraiment médecin : « …Je me fis un cas de conscience de traiter mes frères souffrants d’états de maladie inconnus avec ces remèdes inconnus, qui en leur qualité de substances très actives, peuvent, quand ils ne sont pas exactement adaptés faire passer de la vie à la mort, ou amener des peines nouvelles et des maux chroniques qui sont souvent plus difficiles à éloigner que la maladie primitive.

 

2 1808

Devenir ainsi un meurtrier ou une personne aggravant la vie de mes frères humains était pour moi la pensée la plus effrayante, si effrayante et perturbatrice pour moi, que j’abandonnai complètement la pratique médicale dans les premières années de mon mariage, et je ne soignai médicalement presque plus personne pour ne plus nuire, et je m’occupai simplement avec la chimie et le métier d’écrivain ». On comprend aussi à travers ces quelques mots pourquoi Hahnemann désira trouver une méthode de soin efficace et surtout non toxique.

 

1810

Hahnemann publie la première édition de la Doctrine Médicale Homéopathique : « l’Organon de l'Art de Guérir ». Il publiera à nouveau ce livre, revu et augmenté, cinq fois de son vivant.

 

1820

Sur plainte des pharmaciens, Hahnemann est jugé coupable d’exercice illégal de la pharmacie par la Cour de justice de Leipzig. Hahnemann repart sur les routes, avec femme et enfants, pour une énième destination… là où on le laissera enfin tranquillement mener ses recherches et pratiquer la médecine telle qu’il la conçoit.

 

1821

Hahnemann s’installe à Köthen, ville du centre de l'Allemagne à environ 30 km au nord d'Halle (Saxe-Anhalt). Le duc d’Anhalt lui offre le titre de médecin privé de la cour Ducale, avec le droit de fabriquer ses médicaments lui-même, ainsi que le titre de conseiller Aulique, membre du Conseil Ducal. A Köthen, Hahnemann semble prendre conscience qu’il a trouvé « quelque chose » de remarquable par les procédés de dilution et de dynamisation qu’il met au point, et qui sont d’actualité aujourd’hui encore dans la conception des médicaments homéopathiques. Pour ce petit homme (1,51 m !) autoritaire et coléreux, conscient d’avoir découvert des principes thérapeutiques majeurs, il est inconcevable que l’on mette en doute ses travaux : ils sont le résultat d'expérimentations in vivo, démontrables et constables par tous.

 

1822 - 1827

Hahnemann traverse encore des années difficiles sur le plan matériel et professionnel. L’homéopathie est l’objet de critiques, de querelles, de polémiques, dont certaines perdurent encore aujourd’hui.
Dans le même temps, on lui reconnaît d’être à l'origine de l'introduction de la pratique de la « mise en quarantaine médicale » dans le royaume de Prusse lors de son emploi auprès du duc de Anhalt-Köthen.

 

1828

Hahnemann publie ses travaux dans un deuxième ouvrage de base: « Traité des maladies chroniques et leur traitement homéopathique ».

 

1830

Henriette Hahnemann meurt, Samuel reste vivre à Köthen avec deux de ses filles.

 

1834

En octobre, la Marquise Marie-Mélanie d’Hervilly-Gohier arrive à Köthen pour consulter Hahnemann. Artiste peintre française, elle connaît le succès en temps qu’artiste, poète, femme élégante et femme d’esprit. Mélanie est tombée malade ; ce qui l’empêche de travailler depuis deux ou trois ans. Elle s’était alors procuré une traduction française de l’Organon, et la lecture de cet ouvrage la décida à partir pour Köthen. Rapidement, une liaison sentimentale né entre Samuel et Mélanie.

 

1835

Le 18 janvier 1835, Mélanie d’Hervilly-Gohier se marie avec Samuel Hahnemann à Köthen. Hahnemann a alors 80 ans, Mélanie 35 ans.
Le 7 juin, le couple quitte Köthen, arrive à Paris le 21 (ou le 27 ?) juin, et habite provisoirement au 26 Rue des Saints-Pères, dans l’appartement de Mélanie (une plaque y est apposée, face à la Faculté de… médecine !). Puis les jeunes mariés s’installent au 1, rue de Milan. Malgré son grand âge, Hahnemann reprend ses consultations, aidé de Mélanie et découvre une vie mondaine.
En août, Hahnemann obtient l’autorisation d’exercer l’homéopathie à Paris. La clientèle est vite très importante, peut-être plus importante qu’elle ne le fut jamais auparavant pour Samuel.

 

1842

Hahnemann termine la sixième version revue et augmentée de l’Organon de l’Art de Guérir qui, après maintes et maintes péripéties ne fut publiée qu’en… 2001, en Allemagne : Organon Synopse (Organon-Synopse : die 6 Auflagen von 1810-1842 im Überblick ; bearbeitet und herausgegeben von Bernhard Luft und Matthias Wischner. Heidelberg: Haug, 2001.

 

1 1843

Hahnemann doit arrêter en avril à cause de sa santé ; il a 89 ans. Il meurt le 2 juillet. Mélanie obtient l’autorisation de garder le corps de son mari jusqu’au 11 juillet, date de son enterrement : pas de service funéraire, aucune annonce publique de la mort de Samuel Hahnemann, juste une simple mise en terre au cimetière Montmartre, selon le désir de Mélanie elle-même !
Le 11 juillet au matin, Hahnemann est inhumé dans un caveau en briques, inscrit sous le numéro 414, 1843, sur les registres d’inhumation. Dans le cercueil, Mélanie, glisse une longue natte de ses cheveux blonds, une alliance en or sur laquelle est gravée l’inscription suivante : « Samuel Hahnemann, Mélanie d'Hervilly, unis à Kothen le 18 Janvier 1835 », et une bouteille bien bouchée,...

 

2 1843

...dans laquelle se trouve le rapport détaillé de l’embaumement de Samuel, une médaille d’or portant sur une face, le profil de Samuel Hahnemann, et sur l’autre l’inscription suivante : « A leur Maître, les Homéopathes français : Similia Similibus curantur », les semblables se guérissent par les semblables.
Enfin, et toujours dans la même bouteille, Mélanie glisse une lettre, écrite de sa propre main : « Christian, Frédéric Samuel Hahnemann ; né à Meissen, en Saxe, le 10 avril 1755, mort à Paris le 2 juillet 1843. Sa femme, Marie Mélanie D’Hervilly le rejoindra dans ce tombeau ainsi qu’il l’a désiré, et l’on y inscrira ces mots tracés par lui : Heic nostro, cineri cinis, ossibus ossa, sepulcro Miscentur, vivos ut sociavit amor ( Ici, dans notre sépulcre, seront assemblés la cendre aux cendres, les os aux os, comme l’amour nous unissait vivants ». La pierre tombale est enregistrée comme « Concession perpétuelle n°324 ».

 

1847

Curieusement, pour cet homme qui a tellement bougé de son vivant, même mort l’animation continue. 4 ans après son décès, la Marquise Marie Mélanie d’Hervilly-Gohier, veuve Hahnemann, achète un terrain au cimetière Montmartre et crée le caveau Hahnemann, enregistré sur les registres du cimetière sous le N° 231, dans lequel Samuel est déplacé.

Inauguration du premier central téléphonique

1878

Mélanie rejoint Samuel dans sa tombe ; elle s’éteint le 27 mai, à l’âge de 78 ans. Puis le temps fait son oeuvre, la tombe est oubliée…

 

1892

Voilà 49 ans que Hahnemann est « parti »… et pourtant, son aventure continue !
Le Docteur Thomas Lindsley Bradford, Médecin homéopathe à Philadelphie (USA), lit un article qui reproduit le croquis de la tombe des Hahnemann ; il se pose la question de son entretien… Bien lui en prend, car l’administration du cimetière, s’apprête à tout raser : il faut payer une somme de 110 francs pour renouveler le contrat de concession ; mais ne trouvant personne pour couvrir cette somme, la ville de Paris en déduit qu’il n’existe plus aucun descendant et a donc décidé de la supprimer. Le Collège homéopathique de Philadelphie verse immédiatement la somme de 110 francs, et décide de remettre la tombe en bon état. Le caveau N° 8, avec ce qu’il contient, devient la propriété du Collège Hahnemann de Philadelphie.

 

1896

Même le « repos éternel » ne peut être calme pour Hahnemann ! Cette année-là, au Congrès International d'Homéopathie de Londres, les homéopathes Français décident de transporter les restes de Samuel Hahnemann, leur Maître, au cimetière parisien du Père Lachaise. Ils achètent un terrain dans le Chemin du Dragon, 19ième division du cimetière, et y font bâtir un caveau en ciment.

 

1898

L’errance continue… Le 24 mai, Samuel et Mélanie sont déplacés de Montmartre au Père Lachaise, accompagnés de très nombreux homéopathes et amis de l’homéopathie, pour une seconde cérémonie d’inhumation, plus solennelle celle-là pour Hahnemann, que la précédente, en 1843.

N. Sarkozy devient Président de la République

2007

L’homéopathie est plus vivante que jamais ; de nombreuses personnes rendent régulièrement visite à Samuel Hahnemann, sur sa tombe du Père Lachaise, Chemin du Dragon, 19ième division ; les voisins de repos se nomment Frédéric Chopin, Colette, Alfred de Musset, Jean de La Fontaine… Et aujourd’hui, enfin « posé » à jamais, chacun peut lire sur la tombe, selon les volontés du défunt : « non inutilis vixi » (je n’ai pas vécu en vain), et se recueillir devant la statue de Samuel, avec Mélanie à ses pieds.

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