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Femme de lettres
Femme politique, féministe et polémiste
Born on 7/5/1748
Deceased on 3/11/1793
Author
Jean-Claude Ismar
Date created 22/1/2007
Last updated on 29/1/2007
| 7 May 1748 |
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Née à Montauban, Marie Gouze - le véritable nom d'Olympe de Gouges - est issue d'un milieu modeste. Son père légal, Pierre Gouze exerce comme boucher, sa mère Anne-Olympe est fille de drapier. Son véritable père est le marquis Jean-Jacques de Pompignan avec lequel sa mère entretient une liaison depuis sa jeunesse.
Alors que la majorité des jeunes filles de sa ville est encore illetrée, son éducation au sein de la petite bourgeoisie du Quercy, pour sommaire qu'elle fut, ne l'empêche pas d'apprendre les rudiments du français.
| 1765 - 1766 |
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Marie Gouze se marie jeune et sans enthousiasme avec un traiteur nommé Louis-Yves Aubry. Un fils naît de leur union qui s'achève rapidement par le veuvage. Ces quelque mois d'expérience conjugale vécue comme une mésalliance la conduisent à ne plus jamais vouloir se marier. Elle exprime sa défiance en ces termes : "Le mariage est le tombeau de l'amour et de la confiance".
Son souhait le plus fort est de donner la meilleure éducation possible à son fils. Il lui faut alors conquérir une liberté que les temps d'alors interdisent aux femmes et davantage encore à celles qui n'appartiennent pas à la noblesse ou ne disposent d'aucune fortune personnelle.
| 1770 |
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Marie se crée un nouveau patronyme et devient Olympe de Gouges. Elle fait la connaissance de Jacques Biétrix, un riche entrepreneur des transports des armées qui devient son amant. Il la demande en mariage. Fidèle à son serment Olympe refuse. Leur lien cependant n'en souffre pas. Ensemble ils quittent Montauban et s'installent à Paris. Olympe y mène grand train et réussit à donner à son fils l'éducation souhaitée.
| 1774 |
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Grâce à la rente que lui accorde Jacques Biétrix, Olympe acquiert une indépendance financière sans laquelle la liberté ne serait qu'un vain mot. Elle figure alors dans l'Almanach de Paris qui répertorie les personnes dites de condition. Son appartenance à la bourgeoisie aisée est désormais reconnue. Son charme, ses qualités lui ouvrent les portes de la capitale dont la vie mondaine tout à la fois intense, riche et futile, la fascine. Parfaite autodidacte elle suit sa propre école de formation en fréquentant avec assiduité les salons en vue, les musées, satisfaisant ainsi une curiosité insatiable.
| 1778 |
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Sa vie connaît une mutation ; après avoir emménagé dans un nouvel appartement parisien elle renonce aux mondanités et s'entoure d'intellectuels : philosophes, scientifiques, auteurs, journalistes... Elle peut enfin satisfaire à l'une de ses plus grandes passions, l'écriture. Sa vocation s'affirme au travers des pièces de théâtre dans lesquelles elle témoigne d'un humanisme qui va la caractériser toute sa vie comme le ferment d'un combat pour l'égalité des hommes et des femmes, pour les droits des déshérités et l'abolition de l'esclavage.
| 30 June 1785 |
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L'une de ses pièces "Zamora et Mirza, ou l'heureux naufrage" est inscrite au répertoire de la Comédie-Française. Inscrite mais non jouée. Des résistances se font sentir à propos du sujet traité. Dans ce texte, qui est sans conteste l'un des premiers à dénoncer le système esclavagiste dans les Caraïbes, elle met en scène des Noirs. En leur donnant la parole, elle les hisse au statut d'homme, ce qui pour l'époque se révèle une audace inacceptable. La querelle avec la Comédie-Française ne fait alors que commencer.
| 1788 |
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A la femme de lettres qu'elle est devenue s'ajoute la femme politique. Sa pièce "Zamora et Mirza est enfin publiée accompagnée d'un essai "Réflexions sur les hommes nègres", texte ouvertement abolitionniste. Deux autres publications lui valent une attention particulière ; le 6 novembre, son premier pamphlet politique "Lettre au peuple" préconise la création d'un impôt volontaire afin de remettre en état les finances désastreuses du pays ; le 15 décembre, dans un article "Remarques patriotiques", elle élabore un programme politique qui contient des réformes sociales en direction des ouvriers au chômage, une réforme agraire qui stipule l'attribution des terres en friche à des sociétés ou des particuliers, la création de "Maisons du coeur" fonctionnant comme des centres de soins pour les veuves, les orphelins et les vieillards. Mirabeau, La Fayette et Necker, qui suscitent son admiration, sont les destinataires privilégiés de ses brochures.
| 1789 |
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Effervescence révolutionnaire. Les Etats Généraux se réunissent auxquels elle participe comme spectatrice. Les tribunes officielles ne sont pas encore accessibles aux femmes. Pour se faire entendre, Olympe utilise des affiches imprimées à des milliers d'exemplaires. Activiste, elle prend part aux débats de l'Assemblée Nationale et poursuit la publication de nouveaux pamphlets dont l'un vaudra à son fils la perte de son emploi d'ingénieur au service du duc d'Orléans. La générosité de son engagement en tant que femme pour sa propre émancipation se heurte aux préjugés en cours aussi bien chez les révolutionnaires. Ses idées ont quelque avance sur son temps.
| December 1789 |
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Sa pièce "Zamora et Mirza", rebaptisée "L'esclavage des Noirs" est enfin jouée à la Comédie-Française. Les pires conditions de représentation lui sont réservées. On la siffle, elle subit des pressions et des intimidations de la part de ceux dont la richesse s'est constituée par le commerce des esclaves. Les comédiens du Français, eux-mêmes, ne cessent de tergiverser et souhaitent que le texte soit édulcoré. Finalement, sa pièce est déprogrammée et ne connaît qu'une carrière fugitive.
| 1791 |
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La publication de sa "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne dédiée à la reine" marque un tournant décisif. Dans cet ouvrage - miroir ironique de la "Déclaration des droits de l'homme et du citoyen" - elle inscrit la femme, jusqu'alors oubliée, dans le devenir de la citoyenneté : accès aux urnes et aux tribunes, remplacement du mariage par un contrat dans lequel les enfants nés hors mariage auraient les mêmes droits que les enfants légitimes... Rendre les droits naturels de la femme contre la force du préjugé est l'idée qui sous-tend le texte. Il préfigure la pensée féministe moderne mais obtient peu d'échos dans les débats du moment.
| 1792 |
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La fuite et l'emprisonnement du roi donnent à Olympe l'occasion de prêcher la concorde et la réconciliation autour de la personne du souverain. Ses sympathies se tournent vers les Girondins modérés. Dès l'apparition des premiers massacres, elle s'insurge publiquement contre les germes de la Terreur abhorrant la peine de mort. Alors que les affrontements idéologiques font rage à l'Assemblée, lesquels se traduisent par l'usage de la guillotine, elle fait placarder dans tout Paris une affiche qui accuse Marat et Robespierre d'être responsables des effusions de sang. Sa déclaration : "Le sang même des coupables, versé avec profusion et cruauté, souille éternellement les révolutions" témoigne de sa fidélité aux principes humanistes.
| 1793 |
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Essais, pamphlets, articles, affiches... Olympe se dépense sans compter au point d'en oublier toute forme de prudence. Les temps sont à la Terreur : la République est assiégée aux frontières par les armées des monarchies européennes, la guerre civile fait rage en Vendée, le roi est exécuté... Les Montagnards, qui ont pris l'ascendant à l'Assemblée ne sont plus en état de transiger. En juin, elle défend les vertus des principes démocratiques contre la mise en accusation des Girondins. En juillet, elle rédige une affiche "Les trois urnes" par laquelle elle propose un autre mode de scrutin qui contrevient à la loi de mars 1793 sur la répression des écrits remettant en cause le principe républicain.
La liberté d'expression se réduit, son sort est joué.
| 20 July 1793 |
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Olympe est arrêtée sur le pont Saint-Michel. Incarcérée, elle parvient à faire afficher deux derniers pamphlets "Olympe de Gouges au tribunal révolutionnaire" et "Une patriote persécutée". Elle y décrit ses misérables conditions de détention et réclame, en outre, son jugement public convaincue que son combat s'inscrit au coeur même de la Révolution et que son innocence sera reconnue. Mais elle est à ce moment bien seule ; les clubs de femmes ont fermé, ses amis se terrent et son fils la renie par peur d'être inquiété.
| 2 November 1793 |
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Le tribunal révolutionnaire la fait comparaître. Affaiblie et malade on lui refuse un avocat. Accusée d'injures envers des représentants du peuple et d'écriture d'ouvrages contre-révolutionnaires, Olympe se défend seule avec un certain succès en restant fidèle à ses idéaux humanistes et dans une certaine mesure parfaitement républicains.
Aucune indulgence à attendre du tribunal qui la méprise en tant que femme qui n'aurait jamais dû se mêler des affaires qui ne lui sont pas réservées. Sa condamnation à mort tombe.
| 3 November 1793 |
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En montant sur l'échafaud, elle adresse cette dernière phrase à la foule massée : "Enfants de la Patrie, vous vengerez ma mort ! ".
Si, davantage que son combat pour l'émancipation des femmes et des déshérités, ce sont ses prises de position contre les excès de la révolution qui l'ont conduite à la guillotine, il n'en demeure pas moins qu'une ombre a été jetée par ses bourreaux et la misogynie régnante sur sa mémoire durant plus de deux siècles. Aujourd'hui, ses combats ont fait d'elle un véritable précurseur de la lutte émancipatrice des femmes. Elle laisse derrière elle une cinquantaine de pièces, plus de soixante-dix ouvrages (pamphlets, essais, placards, affiches...). Une chronique sans équivalent de la Révolution Française et de la naissance d'un combat féministe.
Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne À décréter par l'assemblée nationale dans ses dernières séances ou dans celle de la prochaine législature. |
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Extrait de " Réflexions sur les hommes nègres " " Un commerce d'hommes !... grand Dieu ! et la Nature ne frémit pas ! S'ils sont des animaux, ne le sommes-nous pas comme eux ? et en quoi les Blancs diffèrent-ils de cette espèce ? C'est dans la coul... |
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