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Ann

Bonny

Lady Pirate
Femme fatale


Born on 1697
Deceased on 1720

Author
Gwenola LE FLOCH

Date created 23/10/2007
Last updated on 19/11/2007

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My biography

  • 1696

    Les données qui ont traversé les siècles concernant Ann Bonny proviennent de quelques maigres documents officiels et surtout de récits un tantinet romancés, rédigés par des pirates... L’authenticité de certains des actes qu’on lui attribue reste donc à prouver, ce qui contribue à renforcer le savoureux parfum de légende qui plane autour de son existence.

    Voici donc l’histoire, sans doute pas tout à fait vraie, d’une Bonny sans Clyde :

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  • 1697

    On situe approximativement la naissance d’Ann à la toute fin du XVII ème siècle en Irlande.

    Son arrivée ne réjouit pas du tout la femme de son père, le respectable homme de loi William Cormac, pour la simple raison qu’elle n’en est pas la mère !
    Mrs Cormac s’empresse alors de dénoncer publiquement les amants : son mari et sa bonne, Mary Brennan, associant ainsi irrémédiablement leur parentalité au scandale.

    Discrédité, le couple s’enfuit toutes voiles dehors vers le nouveau monde, offrant ainsi à Ann une transatlantique en guise de baptême de navigation !

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  • 1698 - 1712

    La famille s’installe en Caroline du Sud, à Charleston où Mister Cormac relance sa carrière juridique avec un tel succès qu’il devient très vite propriétaire d’une plantation.

    A la mort de sa mère, on confie à l’adolescente, garçon manqué au caractère fougueux, la charge de veiller à la bonne tenue de la maison. Elle s’acquitte de cette tâche avec fermeté, dirigeant les domestiques d’une main de maître, sans hésiter à employer la méthode forte pour asseoir son autorité. Bien que rien ne puisse l’attester, il a été reporté qu’elle aurait même assassiné une servante pour l’avoir contrariée.

    Il est par ailleurs avéré qu’Ann, devenue jolie jeune fille, parvint à blesser gravement un jeune homme qui tentait de la violer.

    Aucun doute, elle sait se faire respecter.

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  • 1713 - 1714

    Vers 16 ans, irrésistiblement attirée par l’esprit d’aventure émanant des bateaux du port, la future femme fatale commence à en fréquenter les hommes et s’initie au maniement d’armes diverses, y compris celles de la séduction.

    Avec l’ingénuité qui accompagne les pamoisons des premiers amours, elle s’éprend au point de l’épouser, d’un intermittent de la piraterie, James Bonny. Ce dernier est ravi de faire main basse sur une fortune bien plus coquette que la demoiselle...

    C’était sans compter ni l’ire ni les corollaires que déclencha la nouvelle de cette union dans le cœur de beau papa.
    En effet, il ne tarde pas à prendre ses dispositions pour que l’ex Miss Cormac, en plus d’avoir perdu son nom, perde également tous ses droits sur son héritage.
    Qu’à cela ne tienne, Ann riposte en brûlant ses plantations.

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  • 1714 - 1716

    Les époux filent ensuite sur New Providence, haut lieu de la piraterie des paradisiaques Bahamas. Sitôt arrivée, Ann, plus que jamais dans son élément, cultive avec talent les mauvaises fréquentations et bientôt son réseau d’amis ressemble fort à la prise du siècle dont rêverait le gouverneur !

    Côté cœur cependant, rien ne va plus. Mister Bonny, peu inspiré, ne trouve en effet rien de mieux à faire pour assurer leurs revenus, que de dénoncer au gouverneur quelques uns des amis pirates de sa femme contre de copieuses récompenses. Assurément un excellent moyen de précipiter le naufrage du bonheur conjugal.

    La coupe est pleine ! Ann, en bonne pirate, la vide d’un trait : elle le quitte...

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  • 1716 - 1717

    Esseulée, la charmante Mrs Bonny ne le restera pas longtemps et c’est après une liaison avec l’homme le plus riche de l’île qu’on la retrouve au bras du romantique mais redoutable pirate Calico Jack Rackham.

    Enfin, voici l’homme en mesure de lui offrir la vie trépidante dont elle a toujours rêvé ! C’est avec lui qu’elle prendra la mer!

    Il reste cependant un détail d’importance à régler : dissimuler sa condition de femme. En effet, selon les seules règles auxquelles se soumettent les pirates, celles de leur fameux code, la présence des femmes est formellement interdite à bord.
    Exit la féminité !

    Pour Ann, rien de plus simple : une coupe de cheveux à la garçonne, des vêtements d’homme, un bon pistolet, un sabre affûté et un air farouche suffiront à la faire passer pour un homme.

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  • 1717 - 1718

    En route ! Les amants accompagnés de quelques hommes volent un sloop, le Revenge, et embarquent pour écumer les Caraïbes.

    Dès lors, ces abominables pirates, parfois couverts de sang de tortue pour se rendre encore plus effrayants, n’ont de cesse de répandre la terreur en dépouillant de nombreux navires de commerce.
    Sur les flots Ann est sans peur et sanguinaire, elle est de toutes les batailles, combat avec vigueur et profère de nombreux jurons.

    Lorsque sa condition de femme est découverte, elle fait taire à jamais le premier à s’en plaindre…

    On raconte qu’elle ne quitta le navire que le temps d’une grossesse, ce que devint l’enfant, nul ne le sait…

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  • 1718 - 1719

    Après chaque bataille, les pirates, d’ordinaire, laissent la vie sauve aux captifs qui acceptent de grossir leurs rangs. C’est ainsi qu’arrive dans l’équipage un jeune anglais qu’ Ann Bonny, sous son apparence d’homme et faisant fi de toute vertu, tente immédiatement de charmer.

    Ironie de l’histoire : le jeune anglais n’est autre qu’une femme, Mary Read !

    Partageant toutes deux le même secret, elles deviennent inséparables, peut-être même intimement liées. Cette situation ayant éveillé la malveillante curiosité de Jack, elles désamorcent la crise de jalousie en le mettant dans la confidence.

    Ensemble, ils continuent à sévir de plus belle.

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  • 5 September 1720 - 20 September 1720

    Après leur avoir vainement proposé d‘abandonner la piraterie en échange du pardon royal, les autorités sont excédées. Des bâtiments de guerre, il faut bien ça, sont finalement envoyés à la poursuite des insoumis.

    Dès lors, ils doivent se défendre sans relâche et recourir aux ruses les plus audacieuses pour rester insaisissables.
    Ann serait ainsi parvenue à s’introduire sur un navire ennemi en abusant de la crédulité du commandant, suffisamment naïf pour croire que la belle serait le soleil de sa nuit ! Après avoir drogué cet homme trop confiant, elle se charge d’arroser les mèches des canons puis s’éclipse. Brillant plan. Lors de l’attaque, le navire est incapable de se défendre.

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  • 21 September 1720

    Les pirates finissent cependant par manquer de chance...

    Le 21 septembre 1720, l’heureux capitaine Barnet, pour le compte du bientôt très reconnaissant gouverneur de la Jamaïque, met fin à l’épopée par une attaque surprise.

    Point de bataille interminable cette fois.
    Point de jurons, de cris, de visages déformés par la fureur.
    Rien ou presque. Rien que deux femmes, certes fort déterminées, pour défendre le navire face aux troupes de Barnet.
    Les autres pirates, enivrés après une longue nuit de beuverie pour fêter la capture d’un vaisseau, ne combattent pas.
    Seules, Ann et Mary, livrent un vaillant mais désespéré combat.

    Avant de se rendre, ulcérées par l’attitude de leurs compagnons cachés dans la cale, elles auraient à plusieurs reprises utilisé leurs armes contre eux.

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  • November 1720 - December 1720

    Le procès de ces pirates se tient quelques semaines après leur capture : le 16 novembre.
    Tous sont condamnés à mort par pendaison.
    Ann et Mary annoncent alors à la surprise générale qu’elles sont enceintes, ce qui leur permet de voir leur exécution repoussée de quelques mois. Habile manoeuvre.

    Le jour de l’exécution de Jack, Ann lui adresse quelques mots d’adieu d’une dureté sans équivoques : « Je regrette de vous voir dans un tel état, mais si vous vous étiez battu comme un homme, vous n’auriez pas à mourir comme un chien. »

    Mary ne sera finalement jamais pendue : elle succombe à la fièvre alors qu’elle est détenue.

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  • 24 December 1720

    Ultime coup de maître, la veille de Noël, Ann Bonny obtient une grâce, puis quitte la chronique sans laisser de traces…

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Dossier

LE JOLLY ROGER
Petit aperçu de vexillologie pirate ou de l’art de semer la terreur avec un morceau d’étoffe.

L’image qui vient immédiatement en tête, est bien souvent celle d’un pavillon noir sur lequel on distingue un effrayant motif : un crâne et deux os croisés dont la blancheur n’a d’égale que la tête de...
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Interview

Quel jour ou heure de votre vie revivriez-vous volontiers encore une fois ?
Ma première attaque en tant que pirate. C'était très réussi.
On avait tellement effrayé les membres de l'équipage qu'ils s'étaient rendus presque instantanément !

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Quel est votre message pour les générations futures ?
Soyez en avance sur votre temps !

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Si vous pouviez voyager dans le temps quelle époque, lieu ou événement, aimeriez-vous visiter ?
Le futur.

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Quel est l’événement qui a le plus marqué votre époque ?
L'apogée de la piraterie à New Providence, et accessoirement, la mode très tendance de porter des vêtements faits de calicot.

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Qui auriez-vous rêvé d'être ?
Un homme ! J'aurais pu devenir pirate en chef et avoir mon propre équipage !!

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