Biobble n°2009-620
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Paris -
France
Né le 12/1/1628
Décédé 16/5/1703
à Paris (France)
Rédacteur
Gaëlle Magnier
Crée le 6/8/2009
Modifiée le 7/8/2009
pour faire un conte de fées, il faut...
La biographie de Charles Perrault met en évidence un goût particulièrement prononcé pour les mots, les phrases et l’humour galant. Auteur moderne, auteur controversé, il a su établir un lien particulier avec son lecteur grâce à une œuvre essentielle que tout un chacun connait par ouï-dire, voire par lecture personnelle : il s’agit de ses Contes, Histoires ou Contes du temps passé, ou encore Contes de ma Mère l’Oye.
Pénétrer au cœur de cet univers féérique, merveilleux, n’est pas aussi aisé qu’il puisse paraître. Certes, les contes sont des récits destinés aux enfants. Mais pas seulement. Les contes sont des récits fictionnels rigoureusement travaillés, perfectionnés.
Pour écrire un conte à la manière de Perrault, il faut :
_Construire
Il s’agit alors désormais de faire une brève introduction thématique, de façon plus didactive que plaisante… Le conte, qu’est-ce que c’est exactement ? Un récit, bref, imaginaire, qui relate des aventures fabuleuses. Mais le conte est surtout un récit qui est issu d’un groupe. En effet, l’auteur recueille un certain nombre d’éléments, des histoires passées, des légendes. Il les note et en garde ce qui l’intéresse, l’essence même de son conte. Au XVIIème siècle, la vie mondaine de la Cour était sujette à beaucoup de productions littéraires. On se divertissait en se racontant des histoires, en faisant des jeux de mots, en parlant un langage précieux. En somme, tout était plus ou moins sujet à un certain nombre de codes. Le conte n’en était pas exempt. Il devait respecter un certain cheminement qui débutait selon un schéma très simple établi : une situation initiale, un nœud, des péripéties, un dénouement et une situation finale. Ce schéma est repris par Vladimir Propp dans son ouvrage Morphologie du conte.
De plus, il faut inclure les éléments recueillis lors des veillées de campagne, le soir, quand les anciens racontent les légendes de la contrée. Certains de ces contes, au lieu d’être d’origine populaire, sont alors les fruits de productions personnelles, partant de rien. On les appelle les contes savants.
_Trouver des motifs et un style
Les contes sont alors un exercice qui consiste à narrer les exploits, aventures d’un héros ou d’une héroïne, dans un temps et un lieu incertains (il était une fois, dans un pays lointain…). Cela n’empêche pas l’auteur, comme Charles Perrault, d’inclure des éléments mondains, faisant par-là un clin d’œil à son lecteur. Les motifs, ou thèmes, sont aussi variés que possible. Ils peuvent présenter un animal qui parle, un objet magique, un lieu particulier. Les contes sont souvent sujets à une présence codifiée chez Perrault. Il faut entendre que certains chiffres font souvent leur apparition, ce sont des chiffres tels que le 2, le 3 ou le 7 qui sont des transpositions de pensées. En fait, le chiffre 2 évoque la perte du jumeau, le 3 et le 7 sont des références religieuses (la Trinité, le nombre de jours qu’il a fallu à Dieu pour bâtir le monde).
Le style doit être simple, accessible à n’importe quel lecteur. Il est parfois possible qu’un certain nombre de différences apparaisse entre les deux époques, celle où est écrit ce conte et celle où il est lu. Il faut que les actions soient brèves, concises. Le lecteur ne doit pas se perdre dans la narration. Les personnages portent très peu de noms. Ils se résument à des particularités physiques : la Barbe bleue, le Chat botté. Le ton employé ne doit pas être toujours tragique, il faut parfois faire rire le lecteur. Ou, du moins, le faire sourire, en incluant quelques notes de bon ton ou une phrase subtile… Il faut également construire une structure phrastique particulière. Perrault sait maintenir le suspense par des phrases à rallonge. Il répète des formes, des constructions relatives, il enjolive, il crée des formulettes qui sonnent comme une tonalité amusante dans l’oreille du lecteur.
_Achèvement de la recette. Malaxez les ingrédients ensembles.
Pour agrémenter le plaisir des yeux et des papilles, il faut saupoudrer le conte de moralités. Elles sont en fait un résumé de ce qui a été fait ou vu. Elles reprennent l’idée de La Fontaine qui les énonçait dans ses Fables.
De plus, pour que le conte soit meilleur encore, il faut l’ouvrir. Une fois les éléments, les ingrédients mélangés de façon homogène, le découpage est plus subtil. En effet, quand on analyse ce qui ressort de cette formation, dirons-nous, gustativo-littéraire, on aperçoit un certain nombre de détails qui peuvent sembler sans importance. Une fois passés au microscope de la psychanalyse, on remarque que ces détails deviennent des faits avérés qui se rapportent à l’auteur ou à ce qu’il a voulu transcrire. Les contes sont, pour les enfants, un moyen d’évoluer dans la société. En incluant des éléments sexuels, ils aident l’enfant à comprendre ses peurs, ses appréhensions. Mais la psychanalyse est aussi un moyen de traduire ou de trahir l’auteur. La recette n’a plus de secret pour le lecteur, une fois qu’il l’a décryptée.
Ainsi s’achève cette recette du conte de fées à la manière de Perrault. Bien entendu, selon les auteurs, elle peut évoluer en fonction de l’époque et des thèmes abordés.
Quelques unes de mes oeuvres... |
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Je suis le père de ce personnage. Une petite fille très jolie qui rencontre le loup et se fait dévorer. | |
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J'aurais pu rendre mes Contes plus agréables en y mêlant certaines choses un peu libres dont on a accoutumé de les égayer; mais le désir de plaire ne m'a jamais assez tenté pour violer une loi que je me suis imposée de ne rien écrire qui pût blesser ou la pudeur ou la bienséance. ( extrait de la Préface des Contes)
Tout est beau dans ce que l'on aime, Tout ce qu'on aime a de l'esprit (extrait d'une moralité de Riquet à la houppe)
Si une bonne fée vous proposait d’exaucer un seul vœu quel serait il ?
Je suis le créateur de la fée. C'est moi qui exauce son voeu...
Où trouvez-vous votre inspiration ?
Dans les Salons mondains, au coeur de la littérature précieuse, dans les légendes racontées au coin du feu.