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Mère de l'empereur Néron
Rome -
Née le 1015
Décédé 3/1059
à Tusculum ()
Rédacteur
Danièle Lefebvre-Segard
Dédicace
Un problème informatique est à l'origine de l'erreur de datation des événements de la vie d'Agrippine qui vécut entre 15 et 59 après J-C.
Crée le 27/10/2007
Modifiée le 4/12/2007
| 6 novembre 1015 - 1018 |
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Au milieu de graves périls encourus par sa famille , Agrippine voit le jour, à Trèves . Son père Germanicus, commandant de légions se trouve alors dans un camp en Gaule avec sa femme enceinte, et son fils Gaïus, au moment où l’empereur Auguste meurt. Tibère devient alors imperator : c’est la rébellion parmi les soldats et la jeune femme, cernée par les mutineries, doit quitter le camp avec son fils pour se mettre en sécurité chez les Trévires. Dès sa naissance la petite Agrippine apparaît telle une héroïne de tragédie. Quatrième enfant de Germanicus, petit fils d’Antoine, la petite Agrippine sent très tôt couler en elle un sang divin : celui d’Auguste, son arrière-grand-père maternel et celui d’Antoine que les Egyptiens considéraient comme un dieu.
| 1018 - 1019 |
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La petite Agrippine éprouve un amour infini pour sa mère et porte une admiration sans borne pour son père ; pourtant ses absences perpétuelles sont un obstacle entre le père et la petite fille. Gaïus, son frère aîné, exerce une profonde influence sur Agrippine qu’il fascine par ses propos sur la relation incestueuse que le dieu Auguste aurait eue avec sa propre fille Julia : ce dernier serait donc le vrai père de leur mère. La petite fille ressent confusément que sa famille est différente… A trois ans, à Athènes, elle apprend qu’on ne pleure pas devant les Grecs : après un long parcours à pied dans des rues étroites et tortueuses, sous les acclamations triomphales des habitants, elle sauve son honneur de Romaine en retenant ses larmes : ses sandales neuves avaient mis ses pieds à vif !
| 1018 - 1019 |
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Lors des pérégrinations de la famille, l’île de Lesbos et la ville de Rhodes séduisent la petite fille et alimentent son imagination par les récits étranges et merveilleux de sa nourrice ; l’ Egypte lui fait découvrir le dieu Ré, celui qui éclaire l’humanité et pour l’enfant, Germanicus, son père, devient un dieu Soleil tout puissant qui détermine le destin des hommes.. Mais en Syrie, à Antioche, c’est un spectacle horrible qui hantera très longtemps la mémoire de l’enfant: celui du bûcher où brûle le corps de son père, empoisonné sur les ordres de Tibère, prince autoritaire et jaloux de son pouvoir; le bruit de craquement du bois saisi par les flammes, l’odeur de la chair brûlée empêchent l’enfant de respirer.
| 1020 - 1027 |
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De retour à Rome, la petite Agrippine, instruite par son maître Eutychus, découvre les plaisirs de la lecture et de l’écriture ; la poésie tragique la charme et elle avouera plus tard que certaines actions de son existence ont été suggérées par elle : les drames qui l’ont cernée dès son enfance lui ont donné une vision tragique des évènements. En même temps, sa mère lui insuffle sa propre soif de pouvoir : descendante d’Auguste, elle porte en elle l’étincelle divine qu’elle est chargée de transmettre à ses enfants appelés à régner. C’est dans une atmosphère de tragédie et de puissance, mais aussi d’intrigues et de manœuvres visant à abattre tous ceux qui peuvent exercer quelque influence en faveur de sa famille que grandit l’enfant.
| 1028 - décembre 1028 |
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Agrippine, treize ans, est en âge de se marier. Elle est belle et gracieuse ; son souci est que son mari soit digne de son sang légué par le dieu Auguste. Tibère lui choisit comme époux un cousin germain de Germanicus, Cn Domitius qui appartient à la race des dieux par sa grand-mère. Mais quel étrange mari ! Beaucoup plus vieux qu’Agrippine, c’est un être cruel, violent et passionné par l’argent. Pourquoi Tibère a-t-il envisagé une telle union ? Pour ôter Agrippine de l’emprise de sa mère, trop ambitieuse et la soumettre à la volonté d’un mari autoritaire, l’empêchant ainsi de toute action politique en faveur des siens. Le jour du mariage Domitius avoue la promesse qu’il a faite à Tibère : le couple ne doit pas avoir d enfant, la maison de Germanicus ayant causé suffisamment de soucis !
| 1029 - 1033 |
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Peu de temps avant le mariage d’Agrippine, sa mère doit quitter Rome pour se retirer à Herculanum sur les ordres de Tibère, manipulé par le perfide Sianus pour qui la famille de Germanicus est un obstacle sur le chemin du pouvoir; quelques mois plus tard, elle est exilée sur une île ; dans le même temps, Néro, frère d’Agrippine est lui aussi mis en exil. Néro se laissera mourir de faim et Agrippine l’Aînée, privée de nourriture mourra elle aussi le quinzième jour avant les calendes d’Octobre de l’année 33. Ce deuil est près de plonger la jeune Agrippine dans un profond désespoir, mais elle doit à sa mère la volonté profondément ancrée de demeurer sa vie durant aussi près du pouvoir qu’il lui sera permis.
| 1033 - 1037 |
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Agrippine se met à ressentir peu à peu du mépris pour son mari qui se contente de plaisirs médiocres, oubliant qu’il est le petit-fils d’Antoine. Les relations entre eux deviennent de plus en plus difficiles : Domitius est jaloux de Gaïus, frère d’Agrippine, qui exerce une véritable fascination sur elle : volonté de parvenir à ses fins, habileté dans l’hypocrisie et art de la dissimulation sont les qualités d’un empereur ! Par la liaison incestueuse qu’il entretient avec sa sœur Drusilla, il s’égale au dieu Jupiter qui aimait Junon, sa propre sœur. A l’annonce de la mort de l’empereur, le lendemain des ides de mars, Gaïus reste obstinément silencieux : est-il coupable d’un parricide en tuant son grand-père ? Quoi qu’il en soit, il est proclamé empereur.
| 1037 - 1037 |
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Agrippine a vingt-deux ans ; Tibère mort, Domitius est libéré de la promesse faite à l’empereur : le couple peut avoir un enfant.En décembre, Agrippine donne naissance à un fils et au moment précis où l’enfant naît, le premier rayon du soleil jaillit de la mer et vient éclairer l’enfant : c’est l’image même du roi qui retrouve la force du Soleil. Babillus, versé dans la science des astres, confirme le présage : l’enfant sera roi, mais il tuera sa mère ; Agrippine répond alors impulsivement à Babillus : « Qu’il me tue pourvu qu’il règne ! ». Domitius renie son fils par ces mots cyniques: «Il n’est pas possible que rien de bon naisse de moi et de cette femme. » Cette parole de mauvais augure inquiète Agrippine : son fils Néron au pouvoir sera-t-il un monstre ?
| 1037 - 1041 |
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Agrippine est lasse du célibat que lui imposent les absences de Domitius et des fantaisies de son frère Gaiüs pour qui ses soeurs sont des maîtresses qu’il n’hésite pas à prostituer sous ses propres yeux. Elle prend des amants, dont Pallas, personnage prudent et discret qui vit dans l’entourage de Claude. La mort de Drusillia, sœur et maîtresse de Gaïus fait sombrer l’empereur dans une folie furieuse : il condamne à l’exil ses deux sœurs, Agrippine et Livilla accusées d’avoir participé à une conjuration pour l’assassiner. Agrippine doit alors confier le petit Néron à sa belle-sœur qui abandonne l’enfant à la compagnie de valets, de coiffeurs et de danseurs. Gaïus, atteint de démence est assassiné le septième jour avant les calendes de février et c’est Claude, son oncle qui devient empereur.
| 1041 - 1042 |
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Il rappelle aussitôt à Rome ses deux nièces exilées à Pontia. Agrippine apprend alors la mort de son mari et découvre au Palatin sa maison dévastée : Gaïus a confisqué tous ses biens, meubles, bijoux, souvenirs d’enfance. Veuve, elle jette son dévolu sur Crispus,ami du philosophe Sénèque et surtout immensément riche. La fortune de Crispus permettrait à Agrippine de parvenir à ses fins : devenir la femme de Claude. Celui-ci a épousé Messalina, de vingt-cinq ans plus jeune que lui, descendante d’Auguste et d’Antoine. L’emprise de Messalina sur l’empereur est totale et elle vient de lui donner deux enfants : Octavie et Britannicus, alors que Claude n’est qu’au vingtième jour de son règne ! Une fois la maison du Palatin réorganisée, Agrippine rappelle auprès d’elle Néron : il a alors cinq ans.
| 1042 - 1049 |
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Messalina est une femme machiavélique ; quatre personnages très importants de l’empire lui sontdévoués et elle est décidée à user de leur influence pour s’emparer du pouvoir. Encore très jeune, elle est dépourvue de sagesse et elle agit selon ses impulsions les plus vulgaires ; débauchée, elle n’hésite pas à se prostituer ouvertement dans les rues de Rome et transforme une partie du palais en lupanar . Informé par un affranchi, Claude découvre, outre les scandales de sa femme qu’elle a épousé son amant. L’empereur fait alors exécuter Messalina en août 48. Le chemin est désormais libre pour Agrippine et le moment d’agir est venu. Crispus, son mari lui annonce que sa mort est proche et qu’il est décidé à la hâter ; quelques jours plus tard, refusant toute nourriture, il s’éteint, laissant toute sa fortune à Agrippine.
| 1049 - 1049 |
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Un seul obstacle au mariage d’Agrippine subsiste : Claude est le frère de son père et pour cette raison le mariage a le caractère d’un inceste. Lors d’une séance au sénat, le censeur Vitellius allié d’ Agrippine, déclare que l’empereur ne peut rester sans épouse dans l’intérêt de l’état et que le meilleur parti pour lui est Agrippine; seule la coutume propre aux Romains interdit le mariage et aucune loi ne l'a confirmée ! Les Pères acclament Vitellius et supplient l’empereur d’obéir à leur ordre : un décret du sénat, pris sur le champ rend légal le mariage entre un oncle et la fille d’un frère. Le mariage de Claude et d’Agrippine est célébré en grande solennité quatre jours après les calendes de janvier de l’an 49. C’est le début d’un règne pour la jeune épouse.
| 1049 - 1050 |
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Néron a 11ans ; fier et hautain, il aime les chevaux et excelle dans la conduite du quadrige ; il est aussi un musicien qui exerce son art du chant et joue de la lyre. Pourtant Agrippine n’est pas dupe, son fils possède à la perfection l’art d’être aimable et il est un excellent acteur. Où se situe le calcul, où finit la vérité, où commence la flatterie ? Il sera empereur, elle n’en doute pas et pour lui enseigner l’art de la rhétorique, elle obtient de Claude le retour d’exil du philosophe Sénèque. Le choix qu’elle fait de Sénèque pour diriger la jeunesse de Néron est approuvé de tous et un parti se constitue pour faire en sorte que Néron apparaisse comme l’héritier de Claude : une motion demandant à Claude de fiancer Octavie, fille de l’empereur, à Néron est votée par le sénat.
| 1050 - 1053 |
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Claude, flatté de sa comparaison avec le dieu Auguste finit par adopter Néron et décerne officiellement le titre d’Augusta à Agrippine, ce qui accroît le prestige de son fils : Néron est désormais un Claudius, d’autant plus qu’il vient d’épouser Octavie. Quelques obstacles demeurent à l’accession de Néron au pouvoir : Claude, encore en vie et son fils Britannicus, prétendant au titre d’empereur. Agrippine parvient à empêcher Britannicus de sortir en public et de voir son père, prétextant des crises d’épilepsie chez l’adolescent qui ne jouirait pas de toutes ses facultés. Elle prend ensuite le parti de diviser ses ennemis proches de l’empereur, Lepida qui a élevé Néron et Narcissus, fidèle conseiller de Claude, afin de les abattre séparément car elle se sent en danger. C’est au prince maintenant de disparaître.
| 1054 - 1058 |
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L’empereur Néron échappe de plus en plus à l’influence d’Agrippine et s’abandonne à celle de Sénèque ; l’Augusta éprouve le besoin de se rassurer en affirmant sa puissance et Néron est de plus en plus excédé de la voir exercer rigoureusement son contrôle et sa critique sur ses paroles et sur ses actes. Plus elle se sent isolée, dépourvue d’appuis, plus elle s’abandonne à sa violence naturelle oubliant raison et prudence : elle est prête à avouer publiquement les intrigues, les manœuvres et les crimes qu’elle a commis depuis des années, elle va même jusqu’à s’offrir à son fils lors des Saturnales ; elle laisse courir le bruit qu’il existe à Rome un autre prince possible en âge de régner : Britannicus .
| 1058 - 1059 |
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Néron fait alors empoisonner son frère Britannicus, prive sa mère de tout honneur et de tout pouvoir et la prie de quitter le palais. Terrorisé par ses menaces et ses emportements, il décide de la faire périr. Après trois tentatives d’empoisonnement, il imagine un nouveau stratagème. Le Quatorzième jour avant les calendes d’avril, il lui adresse une lettre très affectueuse par laquelle il l’attire à Baïs où il passe les fêtes des Quinquatries. Il fait simuler un naufrage, mais Agrippine, bonne nageuse, réussit à gagner le rivage. Sous prétexte que sa mère a envoyé un affranchi pour le tuer, Néron la fait assassiner par un de ses centurions qui recueillera les derniers mots d’Agrippine : « Frappe au ventre. »
Crimes et exécutions à l’époque d’Agrippine L’ère des Césars fourmille d’intrigues meurtrières fomentées par la seule ambition de parvenir au pouvoir. Outre les exécutions clandestines ou publiques, trois méthodes infaillibles sont appliquées p... |
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