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Carte de visite

Julie Masmejean

Biobble n 2006-506
2073
visites

Biographe officielle Biobble VIP

Cergy - France
Né 10/11/1983

Rédacteur
Julie Masmejean

Crée le 6/2/2007
Dernière modification le 24/4/2007

Interview

> Interview dirigée

Quel est l’événement qui a le plus marqué votre époque (génération) ?
Les plats au micro-onde en 2 minutes, le téléphone portable partout, tout le temps, les attentats du 11 Septembre, la fin des paquets de cigarettes par 10, las appareils photo sans pellicules ...

Quel est votre meilleur souvenir d’enfance ?
Mon enfance

Quel est votre message pour les générations futures ?
A supposer qu'il y ait un futur, j'espère qu'il sera moins violent, moins humiliant, moins malsain.

Quel est votre « péché mignon » ?
Un mojito sous le soleil, faire du vélo la nuit, une tarte au citron sous la pluie, faire la sieste en plein après-midi

Quel jour ou heure de votre vie revivriez-vous volontiers encore une fois ?
Heureusement, rien. Le bohneur c'est important de ne pas chercher à le revivre, car sinon on avance pas, simplement par peur de ne jamais réatteindre un tel moment.

Quelle grande cause soutenez-vous ou aimeriez-vous soutenir ?
Comme beaucoup, je ne fais pas grand chose, et pourtant comme tous, je voudrais la fin ... de la faim dans le monde, des femmes battues, du trou de la couche d'ozone, des groupes terroristes...

Qui auriez-vous rêvé d'être ?
Une patiente de S.Freud

Qu’est-ce qui n’existe plus et qui vous manque ?
l'Orangina dans des bouteilles de verre, le respect d'autrui, et les vrais saisons

Si une bonne fée vous proposait d’exaucer un seul vœu quel serait il ?
... que lui et moi on s'aime toujours, comme maintenant.

Si vous pouviez voyager dans le temps quelle époque, lieu ou événement, aimeriez-vous visiter ?
Ce serait sans hésitation les années 20-30, pour fumer de longues cigarettes, danser le Charleston, être copine avec Louise Brooks, et avoir la sensation inouie d'avoir échapper à la Grande gGuerre.

Famille

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Biographie

 REPERES HISTORIQUES

Lech Walesa Prix Nobel de la paix

8 mars 1983

Ma mère est infirmière de nuit aux Urgences. Au petit matin, en sortant, elle tombe nez à nez avec le sosie du Che, mon père, rentré de l’armée dans la nuit.

 

10 novembre 1983

4 heures après deux kilos de spaghettis bolognaise, c’est à l’hôpital d’Argenteuil où elle est simplement venue rendre visite à une collègue, que ma mère au petit matin, décidemment, accouche de ma frimousse.
Après avoir tenté de raisonner ma mère qui souhaitait m’appeler Fleur ou Cerise, mes parents opteront pour Julie. Née sous le signe du scorpion et du cochon, c’est déjà bien suffisant !
On quitte cet hôpital du 95, au bout de 48 heures, pour retourner « chez nous », à Paris. À cet instant précis je ne sais pas encore que 20 ans plus tard, c’est dans ce département que je rencontrerai ce qu’on appelle communément, « le grand amour ».

 

24 mai 1992

L’enfance s’écoule, grâcieuse et insouciante. Bientôt 10 ans. Je rentre de l’école en courant pour ne pas rater le début de Princesse Sarah sur France 3. Jonathan, mon amoureux se moque de moi. Pour lui c’est facile, Capitaine Conan ne commence qu’à 18 heures.
Mais aujourdhui, ma mère n’est pas là. C’est Georgette la concierge qui m’attend et m’explique. Pendant que je travaille mes gammes de piano et me tord les doigts sur du Chopin, ma mère met au monde un petit ange, Raphaël… qui va s’avérer être un petit démon hurlant tout le temps. Mon père m’offre alors un walkman. Je passe mes dimanches à écouter Lio, dont les paroles des chansons s’apprennent bien plus vite que les fameux poèmes de Prévert.

Mandela président

19 février 1994

Mon grand-père meurt d’un cancer, mais j’aurai préféré que ce soit ma grand-mère qui disparaisse. Sentiment gênant.
En rentrant de colonie après les vacances de Pâques, Alex, mon second petit frère est arrivé au monde.
Moi qui voulais une petite sœur, je me résigne et range toutes mes Barbie dans des cartons. Je les ressors bien vite. Quelques jours plus tard, ma chatte Réglisse-Menthe, âgée de 10 ans vient mourrir contre mes jambes. Je pleure, ai l’impression d’être déchirée de l’intérieur. Une douleur plus forte que pour mon grand-père. Là encore, ça me fait tout drôle.

Inauguration de la BNF

avril 1995

A la sortie des cours, la police, un élève de 4ème en sang au sol, et des gamins qui crient autour. En titre du Parisien le lendemain, je ne comprends pas vraiment. Le jeune est mort dans la nuit des suites d’un traumatisme crânien. On parle d’un règlement de compte et de racket. Tout cela me semble tellement loin de mes 12 ans.

 

septembre 1995

Par une suite prévisible, ma rentrée en classe de 5ème se passe dans un collège privé catholique, bien que mes parents, sur les bords anarchistes, ne soient guère enchantés.
Les portes massives de ce collège s’ouvrent à moi comme un recours, et pourtant la panique m’assaille à l’idée de porter une lourde croix de bois autour de cou, et de devoir prier un pseudo surhomme qui dort dans les nuages. Les préjugés s’avèrent souvent faux. Ici, ni uniformes, ni messe obligatoire, et des professeurs pas comme les autres.

 

juin 1998

J’oublierai de réviser mon brevet des collèges, les règles d’orthographes et de conjugaison, pour préférer, avec l’accord de mon prof de français, dévorer La Peste et L’Etranger de Camus.

 

août 1998

L’appartement devient vraiment trop petit. Quitter ma chambre avec au loin le Sacré-Cœur m’anéantit. Cartons. Déménagement. Tout recommencer. Arrivée en banlieue trois jours avant mon entrée en seconde. Je décide de ne plus remettre au mur mes posters de Leonardo Di Caprio.
Dehors, moins de bruits, moins de lumières et beaucoup plus d’arbres. Je n’entends plus le métro, et à dire vrai, ça m’effraie un peu.
Les années lycée passent fougueusement. On vit tout avec passion quand on a 16ans.
Rituels d’amitié et échanges secrets de sang, rumeurs, joies, peine, pleurs, jalousie…et des garçons partout. Tout passe très vite, aussi vite qu’un métro.

 

31 décembre 1999 - 1 janvier 2000

Je m’attendais à des explosions partout, des gens qui deviennent fous et des monstres qui sortent de terre. Il n’en est rien.
Je fais avec mes amis de lycée un nouvel an « Revival - années 70 », dans une grande maison du Vexin.
C’est en Janis Joplin que je tombe sous le charme d’un mec déguisé en Hippie, qui deviendra quelques jours plus tard, sans que les vapeurs illégales de la soirée me l’aient prédit, mon premier amour et mon premier amant.

Attentats de New York

octobre 2001

Entrée à l’université. Un peu déçue, je m’attendais à un campus à l’américaine, comme dans les séries. Flirter avec un quater back et me le faire voler par une poom-poom girl.
En fait, rien. La cantine est toujours aussi insipide, les étudiants qui refont le monde ont les mêmes têtes qu’au lycée, avec les cheveux encore plus longs. Les fameux amphis sont en fait de simples salles de cours, chaises qui grincent, tables recouvertes d’insultes, de secrets, de pensées éclaires, sauf qu’en plus il y fait beaucoup plus froid. Je romps tout contact avec les gens de « l’époque lycée », sans un mot.
Je m’inscris en Lettres Modernes, un peu par facilité et sans réelle conviction. Le temps passe et les notes suivent. Entre option « analyse cinématographique » et « histoire du théâtre», j’imite Forlani, et Villard devient mon maître à penser.

Le premier cosmonaute chinois

juin 2003

Année bouleversante. J’obtiens ma licence avec mention, m’inscris alors sans trop y réfléchir, comme par réflexe, en maîtrise.
C'est au mois d'août que mon deuxième grand amour me largue lamentablement devant les marches d’une église. Cette fois c’est sûr, Dieu n’existe pas. Impression renversante que jamais je ne me relèverai.
Quelques semaines après, avec ma meilleure amie de l’époque, je me fais tatouer le bas du dos. Le symbole à reproduire que j’ai donné au tatoueur a été dessiné par mon premier amour… définitivement pas rancunier.

 

octobre 2003

Je me rétablis doucement dans les bras d’un pianiste, de 10 ans mon aîné, rencontré dans une brocante. Il ne me demande jamais aucune explication, on se parle peu et c’est tant mieux, je ne veux plus jamais pleurer pour un homme.

 

15 décembre 2003

En hiver on espère jamais rien et pourtant on s'attend à tout.
4 heures du matin, la piste de danse s’est bien vidée. On n’est plus que quelques uns à vouloir oublier le temps. Je ne me souviens même plus du thème de cette soirée étudiante. Un type sur le côté qui me regarde vient me taxer une clope. Repart. Puis me demande l’heure. Repart. Finit par me raconter des conneries. Il me fait rire. Ou c’est l’alcool. Je ne sais pas trop si c’est sa nature ou s’il joue. Le lendemain en me réveillant, je pense encore à lui.

 

17 décembre 2003

Un peu angoissée, je l’attends pour déjeuner, sans bien me souvenir de son visage. Les heures s'écoulent sans crier gare, et je me retrouve contre lui, son dos, son cœur, ses mains. Debout dans le noir, il fume nu à sa fenêtre. Sans trop savoir d’où ça vient, j’ai comme une boule dans la gorge et le sentiment que quelque chose d’important est en train de se jouer.
Le lundi matin, j’ai rendez-vous à ma fac pour déposer le thème de mon mémoire, « Les mots érotiques et pornographiques dans la langue française et ses dictionnaires ».

 

novembre 2006

23 ans. Déjà, ou seulement.
J’ai fini mon cursus universitaire depuis un mois. Deux mémoires après, félicitations, mentions et poignées de mains. Au final, je ne suis pas plus avancée.
Quand on est petit on a toujours la tête pleine de rêves, de métiers improbables qu’on voudrait exercer, « quand je serais grande, hé ba moi je serai une princesse cosmonaute ».
Maintenant il faut chercher, errer, s’écouter soi-même comme si on était quelqu'un d’autre, une quête du Graal toute personnelle.
Heureusement, lui est toujours là. Les sourires entendus et les silences qui veulent tout dire.
Le voir marcher vers moi, j'ai le cœur qui bat. Et cette boule dans la gorge qui reste. Et ce sentiment que j’ose m’avouer pour lui dire parfois, que je n’ai jamais tant aimé, que je ne savais même pas que cela était possible.

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