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User profile

Eliane Lachaize

Biobble n 2007-181
1608
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1959-1964 - scoops, secrets dévoilés, rumeurs,
je joue à la roulette russe


Born on 18/4/1940
at paris 18ème (France)
Contact e-mail
http://pignard-lachaize.ifrance.com
http://gw.geneanet.org/elianepignard

Author
Eliane Lachaize

Date created 12/10/2007
Last updated on 15/7/2008

Interview

> Interview generic

Qui auriez-vous rêvé d'être ?
moi, en nettement plus jolie.

Quelle a été votre meilleure expérience ?
la reprise de mes études à l'Institut français de gestion quai de Grenelle à Paris, en 1974.

Quelle serait votre « mélodie du bonheur » ?
vivons caché pour vivre heureux

Si vous deviez être une musique, quelle serait-elle ?
Le jazz, le blues,

Qu’enverriez-vous dans l’espace pour vous représenter ?
ma plus belle photo en espérant qu'elle soit trouvée par un petit "homme vert" !

Quelle a été votre pire expérience ?
mon divorce et l'arrestation de ma fille,

Quelle est votre plus grande qualité ?
la volonté d'agir

Quel est votre plus gros défaut ?
réagir au quart de tour, sans réfléchir parfois suffisamment

Quel est pour vous le pire défaut chez un homme ou une femme ?
la bêtise et la méchanceté,

Quelle est votre devise?
tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir,

Family

Léon Gosnet
My uncle

Daniel Lachaize
Other
mon ex-époux

Arthur Pignard
Other
mon arrière grand père paternel

Eliane Pignard
Other
mes grands parents, parents, et mes premières années

Edgar Renoux
My cousin (M)

Biography

 HISTORICAL REFERENCE POINTS

Alaska and Hawaii Admitted to the Union

19 October 1959 - 19 October 1959

Ce jour-là, le ciel était gris, il pleuvait par intermittence, c'était l'automne.
J'avais 19 ans et lui 23.
A l'époque, le mariage, c'est comme jouer à la roulette russe et pas question d'essai préalable comme les couples d'aujourd'hui.

Ainsi, nous sommes mariés ! j'ai changé de nom, de prénom même, je m'appelle désormais Madame Daniel Lachaize. Ses copains sont stupéfaits ! Lui, marié ! J'ai l'impression qu'ils me plaignent.

N'est-il pas considéré comme un peu caractériel, cherchant la bagarre et les provocations, traînant derrière lui une réputation un peu tapageuse.

Le curé nous a fait promettre fidélité, aide et assistance. Mon époux m'a promis sa vie par erreur, ne devait-il pas m'aimer ?
Que de mensonges affirmés ce jour là, quelle rage, quel orgueil, quel mépris de ma vie m'ont forcée à prétendre que je m'habituerais à cet homme là.

 

20 October 1959 - 20 October 1959

Puis, il y eu le repas, mais la mayonnaise ne prenait pas entre nos deux familles. La mère de mon époux était contrariée par la présence de son mari qu'elle n'avait pas revu depuis des décennies et nos familles ne s'appréciaient guère. Ce ne fut pas un de ces mariages joyeux, plein de rires, de chansons, de danses, de photos.. Il n'y eut rien de tout cela, ni voyage de noce, ni lune de miel, ni bague de fiançailles, guère de cadeaux.

Cela commençait fort !

Mes parents faisaient grise mine, seuls pour assurer les frais de la noce, mon nouveau beau-père s'était défilé, comme toujours d'ailleurs.

Mais pourquoi cette pression de la part de ma mère, les mois précédents, pour que je me marie ? Etais-je un tel fardeau ?

 

21 October 1959 - 21 October 1959

Désormais, mon mari ne cachera plus son jeu, ni ce qu'il est vraiment. Rapidement, je découvre qu'il ne supporte pas les gestes tendres, les baisers qu'il repousse. Aussi, ne me fera-t-il jamais monter au septième ciel, mais je ne lui en demandais pas tant !

En définitive, il me tolère dans son "clan", à condition que je l'admire, que je cède à tous ses désidératas, que je sois docile, que je le serve. A la rigueur, il veut bien se laisser aimer...!
En attendant, il est changeant, parfois gentil, sans plus, ni affectueux ni tendre, encore moins amoureux et parfois distant, glacial, agressif.

Je croyais, avec le mariage, devenir une femme libre, je n'étais en réalité qu'une chèvre attachée à un piquet. Il me faudra 25 années pour retrouver la liberté.

African Countries gain independence

January 1960 - February 1960

Alors que la guerre d'Algérie tire à sa fin, qu'Elvis Presley l'idole de ma jeunesse fait son service militaire en Allemagne, et qu'à Prague on déboulonne la statue de Staline, je tente de faire face à ma nouvelle situation.
Nous emménageons dans une chambre-cuisine-meublée avec l'eau sur le palier, rue du Commerce dans le 15ème arrondissement de Paris. Je trouve un emploi de secrétaire-comptable chez un grossiste en produits alimentaires dont les bureaux sont proches de notre domicile et j'essaie d'être une épouse modèle comme l'exige les convenances de l'époque.
Nos revenus, modestes, nous permettent de vivre simplement mais correctement.

 

March 1960 - May 1960

Très vite, je m'aperçois que je me suis trompée sur lui. Aussi, comme avec ma mère, j'allais développer la ruse, j'apprendrai à me taire.

Pour l'instant, nous ne sommes pas en conflit ouvert, mais cela ne saurait tarder car avec le mariage, je souhaite améliorer mon mode de vie. Je ne heurte aux "non" catégoriques de mon époux mais je ne suis pas prête à céder sur tout, même si je dois faire des concessions pour ne pas l'affronter ouvertement.

A cette époque, le mariage était le statut obligatoire pour une femme et il fallait l'accord de son époux pour travailler, effectuer un achat, ouvrir un compte en banque, reprendre des études éventuelles.
Une vraie galère.

Mais pas question de passer mon temps libre à astiquer le parquet à la paille de fer et je projète l'achat d'un téléviseur, une nouveauté dans notre monde modeste.

 

June 1960 - June 1960

Une fois cette première acquisition effectuée, l'ambiance du foyer est plus agréable, car mon époux apprécie, en définitive, la télévision noir-et-blanc que nous n'avions connue, ni l'un-ni-l'autre, chez nos parents respectifs. Pourtant cela n'allait guère durer.
Un soir, lorsqu'il rentre du travail je remarque qu'il ne porte plus son alliance. Stupéfaite, j'ai le coeur qui flotte dans mon corps, comme s'il voulait s'y noyer.
Comme je lui en fait la remarque, je le vois mal à l'aise, il devient agressif, voire méchant, car il est évident qu'il a oublié de remettre l'anneau qui se trouve au fond de sa poche. Il ne le portera plus jamais.
Mais moi, je tenais aux symboles. Sans eux, à quoi sert le papier signé conjointement à la Mairie, à l'Eglise ? Il tente de m'expliquer que cela ne change rien. Je suis sceptique, car je sais qu'il ment.

 

July 1960 - July 1960

Nos liens seront distants, la vie conjugale lui pèse. C'est un homme qui n'a jamais connu de contraintes auprès d'une mère qui l'a élevé seule avec difficulté.
Il aime séduire, flatté de plaire aux femmes et ne s'en privera pas, cela le rassure.
Je le découvrais peu-à-peu car, en réalité, nous ne nous connaissions pas.
J'apprendrai rapidement qu'il avait connu une autre femme croisée sur le chemin du travail. Voilà l'explication de l'alliance au fond de sa poche.

Constamment, il va me souffler le chaud et le froid et ce n'était pas cela que j'attendais du mariage. Nous n'étions pas faits l'un pour l'autre même si curieusement, nous étions destinés l'un à l'autre. Entre nous, rien ne "collait". Il était roublard, j'étais franche, il était routinier, j'avais l'esprit constructeur, il était dominateur, j'étais accessible. Il aimait la campagne, j'aimais la ville.

 

August 1960 - August 1960

Mes projets de vacances sont tombés à l'eau et je ne veux pas me confronter à lui, car c'est la guérilla, d'où je sors démolie. Pourtant nous aurions pu partir en Corse avec sa soeur et son mari. J'aurais tellement aimé revoir Ajaccio, Sartène, Propriano où j'avais passé de si agréables et joyeuses vacances en 1956 chez les parents de mon amie de collège, Nicole. J'aurais pu renouer les liens. Rien ni personne ne le fera changer d'avis. Pourquoi bloque-t-il ainsi ?
Pour compenser cette désillusion, j'essaie de faire des projets : trouver un logement plus confortable, tandis que mon mari convoite une voiture. Quelques mois plus tard, nous aurons une 2CV Citroen, la "deudeuche", et j'allais passer mon permis de conduire.

 

September 1960 - November 1960

Pour trouver l'amour de cet homme que je connaissais depuis l'adolescence qu'allais-je pouvoir inventer pour me hausser à égalité, lui qui ne cessait d'affirmer que nous n'étions pas du même milieu. Le sien, bien évidemment, supérieur au mien ! Et pourtant, si mes parents étaient commerçants, les siens n'étaient qu'artisans, mais il avait été bercé par je ne sais quel rêve de grandeur passée.
Toujours est-il que rapidement il refusera de se rendre dans ma famille. Si j'insistais, ses propos étaient toujours violents, car il savait utiliser le mot qui blesse, me ravage, me brise, La guerre psychologique avait commencé et il me dominait. J'étais trop jeune pour lui tenir tête. Il était vindicatif et autoritaire, habitué à ce que l'on cède devant lui comme le faisait sa mère et tous ses copains.
Mais à vouloir me soumettre, il jouait avec le feu

 

December 1960 - January 1960

Petites et grandes humiliations, le passif augmentera au fur-et-à- mesure des années. Pour me protéger, j'allais, pierre par pierre, élever une muraille entre nous. Les dernières années de notre mariage nous ne partagerons plus rien, sauf la nuit le lit conjugal.
Pour l'instant, il y a, bien sûr, des hauts et des bas. Quand je suis en bas, je me demande s'il m'aime ? Quand je suis en haut, s'il peut vraiment ne pas m'aimer ? Pourquoi se serait-il marié alors ? N'affirme-t-il pas qu'il n'aime personne ? La réponse je l'aurai 25 ans plus tard.
Il a mis du temps à se révéler comme il était vraiment ou bien ne voulais-je rien voir ? Je n'arrivais pas à comprendre, à me convaincre que notre mariage était un échec.

Y. Gagarin 1st man in space

January 1961 - January 1961

Mais, je ne serai pas bonne perdante, ni bonne joueuse. J'avais déjà envie de le quitter mais, parce que je n'étais pas autonome, et sûrement par faiblesse car je l'aimais, nous allions continuer de vivre à deux malgré nos différences.
Comment ai-je pu vivre tant d'années de vie commune les doigts pris dans une porte ?
Comment ai-je pu tenir si longtemps sans craquer ?
Je tenais parce que j'ai cru l'aimer, puis pour l'enfant qui allait naître et, à la fin, on tient parce que, jour-après-jour, année après année, on a tenu.

Je pardonne, mais je n'oublie pas.

 

March 1961 - March 1961

Après avoir visité, en vain, nombre d'appartements, ma belle-soeur nous propose de reprendre leur trois-pièces-cuisine situé à Bagneux dans une cité construite juste après la dernière guerre.
Enfin l'eau courante. Le confort, à coté de notre logement précédent qui ne fut pas "un petit nid d'amour" vu le caractère en dent-de-scie de mon époux. Ma belle-soeur nous laisse pas mal d'aménagements ce qui nous facilite la vie. Nous ferons rapidement l'acquisition d'un refrigérateur, (que nous n'avions pas connu chez nos parents), et quelques meubles. Enfin, nous disposons du téléphone ! Le luxe quoi !

Pour compléter ce nouvel horizon, consciente que ma progression professionnelle ne pourra se faire qu'en changeant régulièrement d'employeur, et en monayant à la hausse mes expériences, je recherchais un nouvel emploi. Je trouvais un poste de secrétaire-comptable chez un marchand-de-bateaux installé sur la N20 près de notre domicile. De ce coté là, tout allait bien !

 

April 1961 - April 1961

C'est Pâques, nous décidons de partir quelques jours en Alsace pour rôder la "deudeuche". Il fait beau et nous sillonnons la route des vins, admirons les paysages, apprécions le petit vin blanc. Nous nous arrêtons dans de pimpants villages aux maisons à colombages et passons la nuit dans des auberges rustiques au charme très allemand. Nous écoutons les conversations en alsacien qui nous sont incompréhensibles et visitons des villes chargées d'histoire, des châteaux fabuleux, le haut-koenesbourg.
Ce furent quelques jours heureux, mais partis à deux, nous revenons à trois.... au grand déplaisir de mon mari qui ne voulait pas d'enfants, pas de liens ! A l'époque la pilule n'existait pas, et, encore moins l'avortement légalisé. Mon époux va devoir se faire à l'idée d'être papa, il a neuf mois pour y penser !
Quant à moi, c'est avec une fausse assurance que je vais traverser cette période d'attente de mon premier enfant.

 

August 1961 - August 1961

Mon époux consent, enfin, à partir en vacances car il n'était pas question, pour moi, de passer comme l'année précédente, toutes nos vacances chez sa mère en Seine-et-Marne alors que nous y allons, sans exception, tous les dimanches. Mais il ne veut toujours pas aller en Corse et nous optons pour les Pyrénées et le camping.
Nous sommes éblouis par la beauté des paysages. Cependant les orages gâtent notre plaisir. Les pieds dans l'eau, trempés jusqu'aux os, nous plions bagages et nous nous retrouvons à Perpignan où le vent violent arrache les parasols et les tentes. La baignade est dangereuse. Aussi, retour sur Paris. Le camping sera définitivement banni et nous finirons nos vacances chez ma belle-mère !

 

September 1961 - September 1961

En me mariant, j'avais voulu quitter mon adolescence solitaire, fille unique aux parents commerçants toujours débordés, pour me plonger dans un milieu familial accueillant, ce qui était le cas chez la mère de mon époux malgré ses faibles moyens. En plus des beaux-frères-belles-soeurs, les copains d'enfance de cette fratrie, toujours nombreux, nous rejoignaient autour de joyeuses tablées. Une ambiance chaleureuse et amicale "de clan" où, en ma qualité de petite dernière, je pouvais me couler avec plaisir.
Tous, bien plus agés que moi, déjà bien établis dans la vie, étaient passionnés de voitures anglaises à la dernière mode, de la DS19 citroën venant d'être commercialisée et de courses automobiles. Ils se déplacaient souvent sur le circuit de Magny-Court pour s'entrainer à la formule 1. Grâce à ces amis, je découvrais une autre existence, plus confortable, moins laborieuse que celle de mes parents, et j'apprenais à apprécier leur façon de vivre.

 

October 1961 - October 1961

Mon époux partira pour Pau effectuer une période militaire. Je passe une dizaine de jours sans un seul coup de téléphone et je ressens cette sensation de solitude que j'ai tant connue adolescente.
Lorsqu'il est de retour, il est tout content d'avoir retrouvé ses copains de régiment, d'avoir effectué quelques sauts en parachute, bu quelques bières en se rappelant les bons vieux souvenirs du service armé effectué à Dakar au Sénégal.
Je n'ai pas l'impression de lui avoir beaucoup manqué !
Quel genre de sentiment l'attache à moi alors qu'il va bientôt être père ? Il est parfois si distant.
Les déplacements me sont désormais interdits, mais le dimanche mon époux ne reste pas près de moi. Il continue de se rendre chez sa mère.Il n'y a aucune bienveillance de sa part à la veille de ce qui est pour moi un si grand évènement : la naissance de notre enfant,

 

November 1961 - November 1961

J'occupe mes journées comme je peux, je tricote la layette : un point à l'endroit, à l'envers, en bleu, en blanc. Pas de rose, mon époux ne souhaite qu'un garçon. Petites brassières, chaussons à quatre aiguilles avec des trous-trous pour y glisser un ruban de satin.
Je peins des dessins pour la chambre de notre enfant : Tom et Jerry, Sylvestre, Titi. Je les trouve bien rigolos et je me contente de ces modestes preuves d'amour à l'encontre de mon futur bébé.
Au retour d'une de ces escapades dominicales, je trouve mon époux bien sombre, bien lointain. Je tente de le questionner, mais il persiste à m'affirmer qu'il n'a pas de motif à cet état. Puis, à mon grand étonnement, il se met à pleurer. Est-ce donc si grave ? A-t-il été vraiment chez sa mère ? Il n'a jamais voulu m'expliquer ses doutes, ses blocages. Regrettait-il lui aussi ce mariage ?

 

11 December 1961 - 11 December 1961

Mon mari me dépose à la clinique aux bons soins des infirmières. Longues heures de solitude, d'angoisse, de torture, naviguant entre la peur de mourir et la douleur. A bout de forces, on m'anesthésie.
Ce sera une fille !.

à suivre ...

Photo album

 

Dossiers

1961 - la naissance de ma fille
1961/1964

1963 - des années galères
1965 - au bonheur retrouvé

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Léon Gosnet

Daniel Lachaize
biographie de la famille Lachaize, ma belle famille

Valérie Lachaize
Valérie ma fille

Arthur Pignard
mon arrière grand-père

Eliane Pignard
mes grands-parents et mes parents

Edgar Renoux
Edgar Renoux, mon cousin centenaire, branche Dercourt

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